Origine et histoire du Château du Bruget
Le château du Bruget se présente comme un édifice rectangulaire flanqué de deux tours au nord et d’une tour ronde au sud, abritant un escalier datant du XIVe siècle. Sa façade sud, percée de fenêtres rectangulaires et de meurtrières, révèle des traces de transformations successives. Une pierre gravée d’armoiries, découverte en 1985 au-dessus de la porte d’entrée, est attribuée à la famille de La Tour de Beins. À l’intérieur, une cheminée monumentale du premier étage, ornée de chapiteaux décorés et d’un entablement mouluré, a été restaurée avec des dalles récupérées d’une chapelle d’Aubenas. L’escalier à vis, coiffé d’une voûte en ombelle dite « sarrasine », mène vers un grenier accessible par une petite porte.
Le château aurait été construit au XVIIe siècle par la famille de La Tour de Beins sur des vestiges plus anciens, avant de passer aux mains des de Launay. En 1780, Emmanuel de Launay, comte d’Antraigues, le cède à Aimé Monteil, avocat à Jaujac. Devenu bien national pendant la Révolution, il est transformé en ferme et sauvé de la ruine dans les années 1930 par Georges Balaÿ et ses sœurs. Les restaurations de cette époque incluent la consolidation de la façade, la réfection des fenêtres et le remontage de la grande cheminée. Inscrit aux monuments historiques en 1954, il appartient aujourd’hui à une société privée.
L’édifice illustre l’évolution architecturale entre Moyen Âge et époque moderne, avec des éléments défensifs (meurtrières, tours) et des ajouts Renaissance (cheminées, fenêtres). Les armoiries de la famille de La Tour de Beins et la voûte « sarrasine » soulignent son héritage médiéval, tandis que les transformations des XVIIe et XVIIIe siècles reflètent son adaptation aux besoins résidentiels. La réutilisation de matériaux, comme les dalles de la chapelle d’Aubenas, témoigne des pratiques de restauration au XXe siècle.
Situé dans le département de l’Ardèche, en Auvergne-Rhône-Alpes, le château du Bruget est représentatif du patrimoine castral regional. Son histoire, liée à des familles nobles locales (de La Tour de Beins, de Launay), puis à des propriétaires bourgeois (Monteil, Balaÿ), en fait un marqueur des mutations sociales et politiques de l’Ancien Régime à l’époque contemporaine. Son inscription en 1954 consacre sa valeur patrimoniale, malgré son usage agricole post-révolutionnaire.