Patrimoine classé
Château, y compris : murs de clôture, portail d'entrée, cour d'honneur, grands parterres à la française avec leur bassin et leurs terrasses, verger et potager avec sa fontaine, ailes des communs et le château avec les pièces suivantes et leur décor : grand vestibule d'entrée, escalier avec sa rampe en bois ; au rez-de-chaussée : antichambre aux verdures, grand salon aux tapisseries, chambre verte, chambre jaune, salle à manger ; au 1er étage : chambres Louis XVI, grise, au colin-maillard, au pont, à alcôve (cad. C 254 à 257) : inscription par arrêté du 21 août 1992
Personnages clés
| Jean-François de Ponsonnailles de Grisols - Seigneur et commanditaire |
Fit construire le château actuel (1773-1784). |
| Antoine de Ponsonnailles - Militaire et conseiller général |
Vétéran de la guerre d’indépendance américaine. |
| Alfred Triniac - Héritier et propriétaire |
Racheta la part de sa cousine Philomène. |
| Bellenaud - Architecte |
Conçut le château en style néo-classique. |
| Gonzague Bosquillon de Jenlis - Général et propriétaire |
Époux de Suzanne Triniac, héritière du château. |
Origine et histoire du Château du Chassan
Le château du Chassan, situé à Faverolles dans le Cantal, remplace un ancien château médiéval démoli au XVIIIe siècle par Jean-François de Ponsonnailles de Grisols (1785). Ce dernier fit transporter les pierres et meubles du vieux château pour ériger l’édifice actuel, composé d’un corps central à cinq travées et de deux ailes en équerre formant une cour d’honneur. L’architecte Bellenaud y intégra un vocabulaire néo-classique, avec une façade postérieure ouvrant sur des parterres à la française. La construction, achevée en 1784, conserve des décors intérieurs d’origine, comme des lambris, tapisseries de Felletin et cheminées en bois.
Le château fut la propriété de la famille de Ponsonnailles de Grisols depuis le XIVe siècle, avec des figures marquantes comme Antoine de Ponsonnailles, vétéran de la guerre d’indépendance américaine et premier conseiller général du canton sous Louis XVIII. En 1843, Hyppolite de Ponsonnailles, dernier héritier, légua le domaine à son cousin Alfred Triniac, âgé de 16 ans, et à sa cousine Philomène Loussert, espérant leur mariage. Alfred racheta finalement la part de Philomène et la famille Triniac posséda le château pendant quatre générations, avant qu’il ne passe aux familles Bosquillon de Jenlis et Fontant par alliance.
Classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1992, le château abrite des collections reflétant son histoire : tapisseries, portraits familiaux, outils agricoles anciens, et une exposition de fossiles et minéraux. Les éléments protégés incluent les murs de clôture, le portail, les parterres à la française, ainsi que des pièces intérieures comme le grand salon aux tapisseries ou la salle à manger lambrissée. Le site se visite de juillet à août, et sur rendez-vous d’avril à octobre.
Les archives du Chassan remontent à 1335, témoignant de son ancrage dans l’histoire locale. Parmi les membres notables de la famille de Ponsonnailles, Guyot (seigneur au XVIe siècle) épousa Charlotte d’Apchier, tandis que Raymond-Joseph, au XVIIe siècle, se maria à Françoise de Montvallat. Le château illustre ainsi l’évolution d’une seigneurie médiévale en une résidence aristocratique des Lumières, préservant mobilier et décors d’époque.
L’architecture du Chassan se distingue par son escalier central à rampe en bois, ses pièces en enfilade, et son antichambre aux lambris surmontés de tapisseries. Le jardin à la française, avec bassin et terrasses, complète cet ensemble classique, rare dans le Cantal. La famille Triniac, puis les Bosquillon de Jenlis et Fontant, perpétuèrent son héritage jusqu’à aujourd’hui, tout en ouvrant le monument au public pour des visites et événements culturels.