Origine et histoire du Château du Creuzet
Le château du Creuzet trouve ses origines vers 1350, lorsque la famille de Challeu (ou Chaillou), originaire de Charenton, érige un premier donjon rectangulaire sur le fief. Guillaume-Armand Challeu en est seigneur dès 1277, suivi par Agnès de Challeu en 1381. Par mariage, la seigneurie passe aux Thianges, famille capétienne aux armes « d'or à trois tiercefeuilles de gueules ». Philibert de Thianges, époux d’Alix de Sully-Beaujeu, en devient seigneur en 1407, consolidant le domaine avec les terres du Breuil-Eschart et de Paray-le-Frésil.
Au XVe siècle, le château est remodelé : un escalier en spirale est adjoint au donjon, et la structure se dote de courtines, fossés et une tour de guet surveillant les vallées du Chignon et de la Marmande. Jacques de Thianges, gentilhomme du roi, y réside en 1426 et érige la croix de Coust en 1472. La chapelle, mentionnée en 1772, abrite un bénitier Renaissance et des polychromes redécouverts au XXe siècle. Le site, dépendant de la seigneurie d’Orval, illustre l’architecture défensive de la petite noblesse rurale de la fin du Moyen Âge.
Les Thianges conservent le château jusqu’au XVIIIe siècle, avant qu’il ne passe aux familles Geoffrenet des Beaux Pleins puis Corbin de Mangoux. Ces derniers financent deux autels dans l’église Notre-Dame de Coust. Classé à l’Inventaire des Monuments Historiques en 2014, le site comprend aujourd’hui le donjon, une tour d’angle, une ferme et les vestiges des fossés. Son histoire reflète les alliances matrimoniales et l’ascension sociale d’une lignée seigneuriale, des Challeu aux Thianges, en passant par les Sully-Beaujeu.
L’édifice, bien que partiellement mutilé, conserve des éléments remarquables comme le bahut crénelé à mâchicoulis, les latrines et cheminées des salles seigneuriales, ou la tour de guet offrant une vue stratégique sur Saint-Amand-Montrond. La famille de Thianges, proche de l’Ordre de Malte, possède aussi un hôtel particulier à Saint-Amand au XVIe siècle, témoignant de son influence régionale. Les fouilles et restaurations récentes ont mis en lumière son rôle dans le réseau féodal du Berry.
Sous la Restauration, le château change de mains avant d’être préservé comme patrimoine local. Son inscription en 2014 couvre l’ensemble castral et la ferme attitrée, soulignant son importance historique et architecturale. Les archives mentionnent aussi Marie Rousset, veuve d’un seigneur du Creuzet au début du XVIIIe siècle, inhumée à l’abbatiale de Bellavaux, liant le site à l’histoire religieuse de la région.