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Château du Dick à Portbail dans la Manche

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château du Dick

  • 7-9 Le Digt
  • 50580 Port-Bail-sur-Mer
Propriété privée
50580 Portbail, 7-9 Le Digt

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1397
Destruction du château médiéval
1549
Acquisition par Pierre du Castel
1601
Mariage Suzanne Vivien - Gilles Poërier
milieu du XVIe siècle
Construction initiale
1660
Assassinat de Launey Blondel
1743
Aveu au roi par Nicolas-Alexandre Hellouin
10 novembre 1928
Inscription de la cheminée Renaissance
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Cheminée Renaissance : inscription par arrêté du 10 novembre 1928

Personnages clés

Pierre du Castel - Constructeur présumé du manoir Écuyer, acquéreur du fief en 1549
Gilles Poërier - Bailli de La Haye-du-Puits Propriétaire controversé au XVIIe siècle
Jacques Poërier - Héritier des fiefs du Dicq Fils de Gilles, impliqué dans un assassinat
Nicolas-Alexandre Hellouin - Seigneur du Dicq au XVIIIe siècle Rend aveu au roi en 1743
Bon Chrétien, marquis de Bricqueville - Dernier propriétaire connu en 1790 Officier de marine et brigadier
Jeanne du Castel - Héritière du manoir Transmet le domaine aux Vivien

Origine et histoire du Château du Dick

Le manoir du Dick est une ancienne demeure fortifiée construite au milieu du XVIe siècle, puis remaniée au début du XVIIe siècle, située sur la commune de Port-Bail-sur-Mer (ancienne commune de Portbail) dans la Manche, en Normandie. Il est partiellement inscrit aux monuments historiques, notamment pour sa cheminée Renaissance de la première moitié du XVIIe siècle. Le manoir actuel a remplacé deux sites antérieurs : une motte féodale abandonnée au XIIIe siècle près de l’ancienne gare (« Les Mottes du Dicq »), et une maison forte du XIVe siècle détruite pendant la guerre de Cent Ans sur ordre du roi de Navarre (1397). Son emplacement, peu stratégique, domine la rivière de la Grise et un ancien chemin reliant Portbail à Saint-Sauveur-le-Vicomte.

La construction du manoir actuel est attribuée à Pierre du Castel († 1587), écuyer, qui acquiert le fief du Dicq en 1549 auprès de Charles de Couvren, puis le fief de La Balle d’Aubigny la même année. À sa mort, sa fille aînée Jeanne du Castel hérite du domaine et l’apporte en dot à la famille Vivien par son mariage avec Pierre Vivien, sieur de l’Epinne. Leur fille Suzanne Vivien épouse en 1601 Gilles Poërier († 1665), bailli de La Haye-du-Puits, dont la famille marque l’histoire du manoir. En 1640, Gilles Poërier est décrit comme un homme riche mais controversé, ayant « faict sa maison par toutes sortes de voyes ». Son fils Jacques Poërier hérite des fiefs du Dicq, de Lanquetot et de Camprond.

Un tournant dramatique survient vers 1660 avec l’assassinat de Launey Blondel par deux frères Poërier, entraînant la saisie et la vente des biens familiaux en 1672. Les adjudicateurs, Jean Dauvin et Jacques Levilly (receveur des tailles), transmettent ensuite le domaine à leurs descendants, dont Charlotte Levilly, mariée à Charles-François Beaufils de Romainville. En 1690, ce dernier, brigadier de cavalerie, décède en laissant une unique héritière, Jeanne-Marguerite de Beaufils, qui épouse Sébastien II de Montaigu. Au XVIIIe siècle, le manoir passe aux mains de la famille Hellouin, notamment Nicolas-Alexandre Hellouin, qui rend un aveu au roi pour le fief en 1743. Son petit-fils, Pancrace Hellouin († 1755), lieutenant-général civil, laisse le domaine à sa fille Marthe-Bonaventure, mariée à René-Jacques de Mauconvenant.

En 1790, le manoir appartient à Bon Chrétien, marquis de Bricqueville, officier de marine et brigadier des armées navales. Architecturalement, le manoir présente un plan quadrilatère irrégulier, avec un corps de logis du XVIe siècle, deux tourelles tronquées, une chapelle transformée en habitation, et des bâtiments de service. La cheminée Renaissance (1628), ornée des armes des Poërier et des Griselaine, est inscrite aux monuments historiques depuis 1928. Un document de 1665 décrit un ensemble en mauvais état, avec des murs et charpentes menaçant ruine, une porte charretière disparue, et des toitures partiellement effondrées.

Le manoir du Dick illustre l’évolution d’un site seigneurial normand, passant d’une motte féodale médiévale à une demeure Renaissance, puis à une résidence aristocratique des XVIIe-XVIIIe siècles. Son histoire reflète les bouleversements politiques (guerre de Cent Ans, conflits locaux) et les stratégies matrimoniales des familles nobles (du Castel, Vivien, Poërier, Hellouin). Aujourd’hui, il témoigne de l’architecture défensive et résidentielle de la Normandie, entre héritage médiéval et adaptations modernes.

Liens externes

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