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Château du Geisberg à Wissembourg dans le Bas-Rhin

Château du Geisberg

    6 Rue du Château
    67160 Wissembourg
Propriété privée
Crédit photo : © Ralph Hammann - Wikimedia Commons - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1692
Acquisition par Jean Gaspard de Hatzel
1711–1714
Période principale de construction
1755
Vente à Philippe Michel Weber
1793
Bataille de Wissembourg (Première Coalition)
1870
Bataille de Wissembourg (guerre franco-prussienne)
1940
Incendie pendant la Seconde Guerre mondiale
1947
Démolition des ruines
1990
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures de la tour-porche et de la maison du gardien ; les deux pavillons (cad. D 1814/700, 1878/700, 1879/700, 700) : inscription par arrêté du 9 juillet 1990

Personnages clés

Jean Gaspard de Hatzel - Propriétaire et commanditaire Fit construire le château en 1692.
Rondouin - Architecte du château Conçut le domaine entre 1711 et 1714.
Philippe Michel Weber - Propriétaire (1755–Révolution) Acheta le domaine en 1755.
Général Hoche - Militaire français Prend le Geisberg aux Autrichiens en 1793.

Origine et histoire

Le château du Geisberg fut construit entre 1692 et 1714 par Jean Gaspard de Hatzel, un bourgeois anobli, sur les hauteurs dominant Wissembourg. L’architecte Rondouin conçut un ensemble composé d’une demeure principale, de deux pavillons de jardin, et de bâtiments agricoles, le tout entouré d’un grand parc. Les terres étaient exploitées par des fermiers mennonites suisses, dont les descendants habitent encore le site aujourd’hui. Le domaine comportait également une chapelle dédiée à saint Martin, desservie par les augustins de Wissembourg.

En 1755, le château fut vendu à Philippe Michel Weber, qui le conserva jusqu’à la Révolution. Le site devint un enjeu stratégique lors des conflits du XVIIIe et XIXe siècles : il fut le théâtre de violents combats en 1793 entre les troupes révolutionnaires françaises et les Autrichiens-Prussiens lors de la bataille de Wissembourg, puis en 1870 pendant la guerre franco-prussienne. Ces batailles causèrent d’importants dégâts au château, déjà fragilisé par les guerres successives.

Au XXe siècle, le château, évacué en 1940, fut incendié puis rasé en 1947 pour laisser place à des habitations et une église. Aujourd’hui, il ne subsiste que la tour-porche, la maison du gardien, les ruines des pavillons, et un pigeonnier daté de 1711, inscrits aux monuments historiques depuis 1990. Le pigeonnier, transformé en salle de culte mennonite en 1850, témoigne de l’histoire religieuse et agricole du domaine. Les vestiges rappellent aussi les destructions liées aux guerres, notamment celle de 1870, où le Geisberg fut un point clé des affrontements.

Le domaine, initialement organisé autour d’une cour et d’un jardin, présentait une architecture symétrique avec un corps central flanqué d’ailes en pavillon. La porte d’entrée, surmontée d’un fronton et d’une cloche de 1714, ainsi que les armoiries jumelées, soulignaient son prestige. Après 1947, les mennonites reconstruisirent partiellement le site, y érigeant une chapelle en 1973. Les archives familiales et les plans originaux, peut-être conservés par un descendant de l’architecte aux États-Unis, restent des sources potentielles pour reconstituer son histoire.

Les éléments protégés aujourd’hui — tour-porche, maison du gardien, et pavillons — illustrent l’évolution du site, marqué par son rôle militaire, son héritage agricole mennonite, et ses transformations architecturales. Le puits original, encore visible dans le jardin d’une maison moderne, et les vestiges du soubassement rappellent l’ampleur passée du château, symbole des dynamiques sociales et politiques de l’Alsace aux XVIIe–XIXe siècles.

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