Frise chronologique
1533-1546
Construction du pavillon
Construction du pavillon
1533-1546 (≈ 1540)
Bâti par Claude de Lorraine, duc de Guise.
1544
Destruction partielle des jardins
Destruction partielle des jardins
1544 (≈ 1544)
Par les troupes de Charles Quint.
novembre 1546
Visite de François Ier
Visite de François Ier
novembre 1546 (≈ 1546)
Fêtes de la Toussaint au Grand-Jardin.
1791
Acquisition par Parmentier de Thosse
Acquisition par Parmentier de Thosse
1791 (≈ 1791)
Propriétaire noble fuyant la Révolution.
1856
Rachat par Pierre-Hyacinthe-Félix Salin
Rachat par Pierre-Hyacinthe-Félix Salin
1856 (≈ 1856)
Transformations intérieures et extérieures.
1978
Acquisition par le département
Acquisition par le département
1978 (≈ 1978)
Début de la réhabilitation du site.
1991
Classement du jardin
Classement du jardin
1991 (≈ 1991)
Label *Jardin remarquable* obtenu.
2018
Collection nationale de buis
Collection nationale de buis
2018 (≈ 2018)
Reconnue par le Conservatoire des collections végétales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : classement par arrêté du 22 avril 1925 ; Parc clos par son mur d'enceinte (cad. AL 246, 252, 253, 255) : inscription par arrêté du 12 mai 1989 ; Emprise du sol du jardin délimité par le jardin clos (cad. AL 252) : classement par arrêté du 14 mars 1991
Personnages clés
| Claude de Lorraine - 1er duc de Guise |
Commanditaire du château (1533-1546). |
| François Ier - Roi de France |
Hôte d’honneur en 1546. |
| Rémy Belleau - Poète de la Pléiade |
A décrit les jardins dans *La Bergerie*. |
| Pierre-Hyacinthe-Félix Salin - Maître de forges |
Propriétaire et rénovateur au XIXe siècle. |
| Jean-Joseph Picoré - Paysagiste nancéien |
Réaménagea le jardin en 1907. |
Origine et histoire
Le château du Grand-Jardin, situé à Joinville en Haute-Marne, fut construit entre 1533 et 1546 par Claude de Lorraine, 1er duc de Guise, comme pavillon de plaisance. Complément du château-fort d’En-Haut, il devint un lieu de fêtes prestigieuses, accueillant des hôtes illustres comme François Ier en 1546. Son nom, initialement château d’En-Bas, fut remplacé par Grand-Jardin en raison de ses jardins luxuriants, conçus pour symboliser pouvoir, prospérité et fécondité.
Le pavillon, chef-d’œuvre de l’architecture Renaissance, s’inspire des traités de Sebastiano Serlio et arbore un décor sculpté foisonnant évoquant la guerre, la paix et la généalogie des Guise. Les jardins, détruits en partie par les troupes de Charles Quint en 1544, furent restaurés pour la venue de François Ier. Après la Révolution, le domaine passa aux ducs d’Orléans, puis à des propriétaires privés comme Pierre-Hyacinthe-Félix Salin au XIXe siècle, qui y ajoutèrent un parc romantique et modifièrent l’intérieur.
Au XXe siècle, le conseil départemental de la Haute-Marne acquit le site en 1978 et entreprit sa réhabilitation : restauration du pavillon, recréation d’un jardin Renaissance, et valorisation du parc romantique. Classé Monument historique dès 1925 (pavillon) et 1991 (jardin), le domaine abrite aujourd’hui une collection nationale de buis et propose une programmation culturelle annuelle. Son architecture, mêlant symétrie Renaissance et transformations ultérieures, en fait un témoignage rare des châteaux de plaisance du XVIe siècle.
Les jardins actuels se divisent en deux parties : un jardin d’esprit Renaissance recréé dans les années 1990, avec parterres géométriques, topiaires et vergers, et un parc romantique du XIXe siècle, planté d’essences exotiques et organisé en promenades sinueuses. Le site, ouvert au public, allie patrimoine architectural, végétal et historique, offrant 4,5 hectares de promenade entre art topiaire et paysages pittoresques.
Parmi les éléments remarquables, la chapelle Saint-Claude conserve une voûte à caissons ornée de motifs de 1546, tandis que deux cariatides, vestiges du tombeau de Claude de Lorraine dessiné par Le Primatice, y sont exposées. Ces sculptures, symbolisant les vertus cardinales, rappellent le faste des Guise. Le château, aujourd’hui propriété départementale, perpétue son rôle de lieu de culture et de mémoire, entre héritage Renaissance et adaptations contemporaines.