Origine et histoire du Château du Grand Perron
Le château du Grand Perron, situé à Pierre-Bénite dans la Métropole de Lyon, trouve ses origines au 1er quart du XVIe siècle. À l’origine, il s’agissait d’une forteresse médiévale protégeant les confins du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique. Le premier propriétaire attesté, Robert Ruffi (mort en 1183), était chanoine de Lyon. Ce site stratégique, séparé du domaine voisin du Longchêne par un vallon, jouait un rôle défensif pour la ville de Lyon.
Au début du XVIe siècle, le château appartient à Antoine Besson, chanoine de Saint-Paul, puis à son neveu Claude Besson, autorisé par François Ier en 1518 à le fortifier. Incapable d’assumer les coûts, Claude cède le domaine en 1521 à Guidobaldo Gondi (futur Antoine de Gondi), banquier florentin et majordome du roi, et à son épouse Marie-Catherine Pierrevive, gouvernante des enfants de France. Le couple reconstruit le château, qui accueille à deux reprises Catherine de Médicis. Leur fils, Albert de Gondi, futur maréchal de France, est parfois associé au domaine sous le nom de sieur du Perron.
En 1555, abandonné, le château est vendu à Albisse d’Elbène, un noble italien, puis à sa descendance. En 1564, Catherine de Médicis y effectue une dernière visite. Le domaine change ensuite de mains à plusieurs reprises : acquis en 1582 par la famille Camus de Riverie, puis en 1675 par Lambert de Pontsaintpierre, prévôt des marchands de Lyon. Sans héritier direct, le château est finalement cédé en 1762 à l’Aumônerie de la Charité, devenant un hospice.
L’architecture Renaissance du château, en forme de U avec un portique corinthien et un escalier monumental, reflète son prestige passé. La façade centrale et son escalier sont classés monuments historiques depuis 1979. Après avoir servi de refuge (révolutionnaires, réfugiés hongrois en 1956) et d’hôpital lors de l’épidémie de grippe asiatique en 1957, le site est aujourd’hui intégré au Centre hospitalier Lyon Sud et n’est pas ouvert au public.
Les armoiries des familles propriétaires (Ruffi, Gondi, Elbène, Camus de Riverie, Pontsaintpierre) témoignent de leur influence. Parmi les éléments remarquables, une cheminée monumentale aux armes des Gondi, aujourd’hui déplacée, et une chapelle du XVIe siècle, détruite et remplacée. Les vestiges actuels rappellent son histoire mouvementée, entre pouvoir noble, fonctions caritatives et usage médical.