Origine et histoire du Château du Grand-Pressigny
Le château du Grand-Pressigny, situé dans le département d’Indre-et-Loire, est un édifice composite dont les origines remontent au XIIe siècle. Construit sur un éperon rocheux surplombant la vallée de la Claise, il fut initialement érigé en pierre sous l’impulsion de Guillaume Ier de Pressigny et de Sainte-Maure, premier seigneur attesté en 1190. Ce château fort, marqué par des conflits entre Plantagenêts et Capétiens, fut progressivement renforcé aux XIIIe et XVe siècles, avec l’ajout d’une enceinte flanquée de tours et de mâchicoulis.
Au XVIe siècle, le site se transforme avec l’ajout d’un logis de style Renaissance, incluant une galerie qui abrite aujourd’hui le musée départemental de Préhistoire. Ce musée, inauguré en 1955 et étendu en 2009, met en valeur des collections lithiques exceptionnelles, témoignant de l’importance locale de la taille du silex depuis le Paléolithique. Le donjon médiéval, partiellement effondré en 1988, et le nymphée du XVIIe siècle, rare exemple d’architecture hydraulique, illustrent les évolutions architecturales du château.
Classé Monument Historique dès 1886 pour ses vestiges médiévaux, le château a connu plusieurs campagnes de protection (1907, 1927, 1938, 1998). Son histoire est aussi marquée par des figures comme Honorat de Savoie-Villars, qui fit construire la galerie Renaissance vers 1560, ou Alexandre Gilbert de Voisins, premier président du Parlement de Paris, guillotiné en 1793 après la confiscation du domaine. Le parc du XVIIe siècle, aujourd’hui disparu, ne subsiste qu’à travers des éléments comme la fontaine des Ferrus.
Les fouilles et études archéologiques ont révélé une occupation humaine dès l’époque gallo-romaine, bien que le site soit surtout célèbre pour ses ateliers néolithiques de silex. La famille de Pressigny, puis les Craon, Chabot, et Beauvau, ont successivement façonné le château avant son acquisition par le département. Le musée, centré sur 100 000 ans d’histoire régionale, s’arrête à l’âge du bronze, marquant la fin de l’usage du silex.
L’architecture du château reflète ses multiples phases : donjon roman du XIIe siècle, enceinte du XIIIe, logis Renaissance, et aménagements des XVIIe et XVIIIe siècles. Les mâchicoulis ajoutés au XIVe siècle, la barbacane du XVe, et le pont dormant du XVIIe témoignent de son adaptation aux besoins défensifs et résidentiels. Aujourd’hui, le site allie patrimoine bâti et collections préhistoriques, offrant un panorama unique de l’histoire locale.