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Château du Hâ à Bordeaux en Gironde

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort
Gironde

Château du Hâ

    10 Rue des Frères Bonie
    33000 Bordeaux
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ
Château du Hâ

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1453
Fin de la guerre de Cent Ans
24 janvier 1456
Pose de la première pierre
1470-1472
Résidence du duc de Guyenne
1593
Prise par le maréchal de Matignon
1604
Ordre de démolition par Henri IV
1793-1794
Prison sous la Terreur
1835
Démolition partielle
1846
Inauguration du palais de Justice
1940-1944
Prison sous l'Occupation allemande
1940-1945
Prison politique sous l'Occupation
1967
Fermeture de la prison
1972
Inauguration de l'ENM
1998
Inauguration du Tribunal judiciaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les deux tours (ronde et en fer à cheval) (cad. N 392, 394) : inscription par arrêté du 12 avril 1965

Personnages clés

Charles VII - Roi de France Ordonna sa construction en 1453.
Charles de Valois - Duc de Guyenne Résida au Hâ jusqu’à sa mort en 1472.
Jean des Vignes - Architecte présumé Attribué comme concepteur du fort.
Vauban - Ingénieur militaire Proposa des fortifications en 1680.
Joseph-Adolphe Thiac - Architecte Démolit partiellement le fort en 1835.
Andrée De Jongh - Résistante (réseau Comète) Emprisonnée au Hâ sous l’Occupation.
Richard Rogers - Architecte Conçut le Tribunal judiciaire en 1998.

Origine et histoire

Le château du Hâ, aussi appelé fort du Hâ, fut édifié à Bordeaux sur ordre du roi Charles VII après la reprise de la ville aux Anglais en 1453, marquant la fin de la guerre de Cent Ans. Conçu comme une forteresse défensive pour « tenir les Bordelais sous contrôle », sa construction débuta en 1456 sous la supervision d’architectes comme Jean des Vignes ou potentiellement Mathieu de Fortune. Les frères Bureau, Jean et Gaspard, surveillèrent les travaux, tandis que la ville, punie pour son ralliement passé aux Anglais, finança l’édifice. La forteresse devint rapidement un symbole de l’autorité royale, abritant garnison et résidences ducales, comme celle de Charles de Valois, duc de Guyenne, qui y mourut en 1472.

Au XVIe siècle, le château du Hâ joua un rôle clé durant les guerres de Religion et les troubles politiques. En 1572, il servit de refuge aux protestants après la Saint-Barthélemy, puis fut pris en 1593 par le maréchal de Matignon pour empêcher une alliance entre la Ligue et l’Espagne. Henri IV, craignant son usage par les Ligueurs, ordonna sa démolition en 1604 avant de revenir sur sa décision. Sous Louis XIV, Vauban y proposa des fortifications en 1680, mais le site perdit progressivement son rôle militaire. Au XVIIIe siècle, il fut partiellement transformé en prison civile, accueillant même l’empereur Joseph II en 1777.

La Révolution française marqua un tournant pour le fort du Hâ, converti en prison d’État sous la Terreur. Des figures comme le maire François-Armand de Saige ou l’avocat Pierre Bernadau y furent incarcérés avant leur exécution. Le journaliste Romain Dupérier de Larsan y écrivit Les Verroux révolutionnaires pendant sa détention. Au XIXe siècle, l’architecte Joseph-Adolphe Thiac, dont le père avait été emprisonné là, démolit une grande partie du fort en 1835 pour construire le palais de justice et une prison moderne, ne conservant que les tours des Minimes et des Anglais. Ces dernières, classées en 1965, furent intégrées à l’École nationale de la magistrature inaugurée en 1972.

Au XXe siècle, le fort du Hâ devint un lieu d’exécutions capitales (jusqu’en 1960) et une prison politique sous l’Occupation allemande, retenant résistants comme Andrée De Jongh ou personnalités comme Édouard Daladier. Après 1945, il abritera encore des détenus célèbres, dont Marie Besnard, avant sa fermeture en 1967. Aujourd’hui, le site, réaménagé par l’architecte Richard Rogers en 1998, allie patrimoine médiéval et institutions judiciaires modernes, tandis que des plaques commémorent les victimes de la Résistance et de la Shoah.

Liens externes