Frise chronologique
1112
Première mention écrite
Première mention écrite
1112 (≈ 1112)
Nom *Borre* dans un document.
1170
Construction initiale
Construction initiale
1170 (≈ 1170)
Donjon et chapelle romane érigés.
XIVe siècle
Rénovations gothiques
Rénovations gothiques
XIVe siècle (≈ 1450)
Tour du puits, chœur gothique ajouté.
1582-1591
Modernisation Renaissance
Modernisation Renaissance
1582-1591 (≈ 1587)
Bastion nord, appartements épiscopaux.
1649
Démantèlement partiel
Démantèlement partiel
1649 (≈ 1649)
Ordre de destruction militaire.
1798
Installation télégraphe Chappe
Installation télégraphe Chappe
1798 (≈ 1798)
Station sur la ligne Paris-Strasbourg.
1874
Classement monument historique
Classement monument historique
1874 (≈ 1874)
Protection des ruines et chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines du château et la chapelle : classement par arrêté du 1er octobre 1874
Personnages clés
| Jean de Manderscheid - Évêque de Strasbourg (XVIe siècle) |
Fonda la Confrérie de la Corne. |
| Charles de Lorraine - Évêque de Strasbourg (fin XVIe) |
Premier à utiliser *Hohenbarr*. |
Origine et histoire
Le château du Haut-Barr, mentionné dès 1112 sous le nom Borre (dérivé du celtique bor signifiant « hauteur »), est édifié au XIIe siècle par les évêques de Strasbourg pour surveiller la vallée de la Zorn et la plaine d’Alsace. Son emplacement sur un éperon rocheux à 450 m d’altitude, entre les Vosges et la Zorn, lui vaut le surnom médiéval Oculus Alsatiæ (« l’œil de l’Alsace »). Le site, constitué de trois rochers de grès aux dimensions imposantes (jusqu’à 80 m de long), offre une vue panoramique et un contrôle militaire sur les axes lorrain et alsacien.
La construction initiale, en grès local, débute vers 1170 avec un donjon et une chapelle romane. Le château est remanié au XIVe siècle (ajout d’une tour du puits, d’une porte nord et d’un chœur gothique pour la chapelle) et au XVIe siècle (bastillon ouest, cave en 1527, tour ronde entre 1544-1551). Entre 1582 et 1591, l’évêque Jean de Manderscheid y fonde la Confrérie de la Corne, une société de buveurs, et modernise les défenses (grand bastion nord, appartements). Le château, partiellement démantelé en 1649, abrite une station du télégraphe Chappe en 1798, déplacée en 1810 pour raisons de sécurité.
Classé monument historique en 1874, le Haut-Barr est aujourd’hui en ruines, mais sa chapelle (restaurée à plusieurs reprises) et les vestiges des remparts témoignent de son rôle stratégique. Le site conserve aussi des artefacts comme des cornes d’appel médiévales et une reconstitution de la tour Chappe. Son histoire reflète les conflits régionaux, des guerres féodales aux démantèlements post-Révolution, ainsi que son adaptation aux technologies (télégraphe optique).
Toponymiquement, le nom évolue de Borre (1112) à Haut-Barr (influence allemande Hohbarr au XVIe siècle), reflétant les changements linguistiques et politiques en Alsace. Le grès local, matériau principal, présente des strates variées : un poudingue résistant en haut (« poudingue savernien ») et un grès fin en bas, façonnant l’architecture en fonction des époques (appareil roman soigné vs gothique plus rustique).
Le château fait partie d’un réseau castral dense avec les châteaux de Geroldseck et Greifenstein, illustrant l’importance militaire de la région. Abandonné vers 1770 mais occupé jusqu’à la Révolution, il symbolise à la fois la puissance épiscopale strasbourgeoise et les mutations techniques (défenses Renaissance, télégraphe).