Château du Haut-Clairvaux à Scorbé-Clairvaux dans la Vienne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château du Haut-Clairvaux

  • Haut Clairvaux
  • 86140 Scorbé-Clairvaux
Château du Haut-Clairvaux
Château du Haut-Clairvaux
Crédit photo : Sdo216 - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1900
2000
XIe siècle
Construction initiale
1182
Fortification par Richard Cœur de Lion
1569
Occupation pendant les guerres de Religion
1926
Classement monument historique
1995
Restauration partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les restes de la chapelle et du donjon : classement par arrêté du 25 novembre 1926 ; Les vestiges archéologiques conservés, en élévation et enfouis, du château du Haut-Clairvaux, comme indiqué sur le plan joint à l'arrêté, sis sur les parcelles n° 142, 144, 151, 143, 146, 152, 153, une partie de la parcelle 187, sur le domaine public communal non cadastré (partie du chemin du donjon), figurant au cadastre de la commune, section AC : inscription par arrêté du 25 mars 2024

Personnages clés

Hugues Ier de Clairvaux Seigneur ayant initié la construction du château au XIe siècle.
Richard Cœur de Lion Duc d'Aquitaine ayant fortifié le château en 1182.
Henri II Roi d'Angleterre ayant pris le contrôle du château en 1182.
Bertran de Born Troubadour ayant mentionné le château dans un poème.
Capitaine Teil Partisan de l'amiral de Coligny ayant occupé le château en 1569.

Origine et histoire du Château du Haut-Clairvaux

Le château du Haut‑Clairvaux se dresse sur la colline du même nom, à Scorbé‑Clairvaux dans le département de la Vienne. Il domine la vallée de l'Envigne. Géographiquement situé en Poitou, il occupe une terre conquise au Xe siècle par Geoffroy Ier d'Anjou. Les premières constructions remontent au XIe siècle, vers 1030, sous la seigneurie de Clairvaux, dirigée par Hugues Ier de Clairvaux, dit Hugues Mange‑Breton. Clairvaux bénéficiait d'une position stratégique entre les comtés d'Anjou et d'Aquitaine. En 1182, Richard Cœur de Lion, alors duc d'Aquitaine, demanda la fortification du site, officiellement pour affirmer son contrôle sur le vicomte Guillaume de Châtellerault et peut‑être aussi en prévision d'un conflit avec son frère. Le château ainsi renforcé comprenait un donjon flanqué de sept tours crénelées, entouré de vastes douves et fossés, et visait à occuper une place forte. Cette opération provoqua un litige entre Richard et son frère Henri le Jeune ; la forteresse est citée dans les textes sous les noms de Clairvaux, Clervaux, Glairvaux ou Clarasvalls. Le troubadour Bertran de Born, engagé dans ces luttes, fit allusion à la construction dans un poème en soulignant son éclat et la crainte qu'elle inspirait. Pour calmer la querelle, il fut décidé à Noël 1182 de placer le château sous la responsabilité d'Henri II, le père ; la mort d'Henri le Jeune en juin 1183 mit fin au différend. Lors des guerres de Religion, en 1569 au moment de la bataille de Moncontour, le château fut occupé par le capitaine Teil, partisan de l'amiral de Coligny. Abandonné à la fin du XVIe siècle, il fut ensuite démantelé et ses pierres remployées dans des constructions locales ; il ne subsiste aujourd'hui qu'une tour, probablement la plus petite, et une chapelle seigneuriale. La chapelle et la tour ont été classées au titre des monuments historiques par arrêté du 25 novembre 1926, et les vestiges ont été inscrits par arrêté du 25 mars 2024. Le site a fait l'objet d'une restauration partielle en 1995. Des campagnes de fouilles ont été menées de 2014 à 2017 puis de 2018 à 2020 sous la direction de Didier Delhoume jusqu'en 2016, puis de Nicolas Prouteau. Les opérations archéologiques ont mis au jour une porterie monumentale protégée par une barbacane, des fossés très profonds et une tour maîtresse en fer à cheval qualifiée d'unicum en France et en Angleterre ; les fouilleurs ont estimé que le Haut‑Clairvaux représente un programme majeur de Richard Cœur de Lion mis en œuvre dans les années 1180‑1200, allant jusqu'à le qualifier de « Château‑Gaillard de l'Aquitaine ».

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