Origine et histoire du Château du Haut-Koenigsbourg
Le château du Haut-Koenigsbourg, situé à Orschwiller dans le Bas-Rhin, est un château fort alsacien dont les origines remontent au XIIe siècle. Construit illégalement par Frédéric le Borgne sur des terres appartenant à l'abbaye de Lièpvre, il est mentionné pour la première fois en 1147 comme un point stratégique contrôlant la route d'Alsace. Le nom Königsburg (château du roi) apparaît dès 1157, reflétant son lien avec les Hohenstaufen, dynastie impériale du Saint-Empire romain germanique.
Au XVe siècle, le château, alors aux mains des sires de Rathsamhausen puis des Hohenstein, est transformé en repaire de chevaliers brigands. En 1462, une coalition de villes alsaciennes (Colmar, Strasbourg, Bâle) le conquiert et l’incendie après un siège. Les ruines sont ensuite renforcées par la famille Thierstein, qui y ajoute des bastions et des tours d’artillerie adaptées aux progrès militaires de l’époque. En 1517, le château passe sous le contrôle de Maximilien Ier de Habsbourg, mais l’absence d’entretien le laisse se dégrader.
Durant la guerre de Trente Ans (1633), les Suédois assiègent et détruisent le Haut-Koenigsbourg, déjà en ruine. Le site est abandonné jusqu’au XIXe siècle, lorsque Eugène Viollet-le-Duc propose des travaux de consolidation en 1856. Classé monument historique en 1862, il est racheté par la ville de Sélestat, puis offert en 1899 à l’empereur allemand Guillaume II. Ce dernier entreprend une restauration controversée (1901–1908) sous la direction de l’architecte Bodo Ebhardt, visant à reconstituer le château tel qu’il était vers 1500, mêlant rigueur archéologique et vision romantique du Moyen Âge.
Inauguré en 1908 comme symbole de la germanité alsacienne, le château devient un palais national français en 1919 après la Première Guerre mondiale. Ses intérieurs, décorés par le peintre Léo Schnug, mêlent éléments historiques et reconstitutions stylisées, comme la salle du Kaiser ornée d’un aigle impérial et de devises. En 2007, la propriété est transférée au département du Bas-Rhin, qui en assure depuis la gestion et la conservation. Aujourd’hui, le site attire près de 550 000 visiteurs annuels, tout en restant un témoignage des enjeux patrimoniaux et politiques de l’Alsace.
Le château se distingue par son architecture défensive adaptée à son éperon rocheux, avec des murailles irrégulières, un donjon exhaussé, et des espaces comme la chapelle lorraine ou le grand bastion. Les polémiques autour de sa restauration, entre fidélité historique et interprétation artistique, reflètent les débats du début du XXe siècle sur la préservation des monuments. Malgré les critiques, la reconstitution d’Ebhardt est aujourd’hui considérée comme l’une des plus crédibles de son époque, alliant documentation archéologique et souci pédagogique.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Horaires d'ouverture : Janvier, février, novembre et décembre : 9h30 - 12h et 13h - 16h30
. Mars et octobre : 9h30 - 17h
. Avril, mai et septembre : 9h15 - 17h15
. Juin, juillet et août : 9h15 - 18h
Tarifs de visite : Plein tarif : 9 euros.
Contact organisation : Pour tous renseignements, du lundi au vendredi, concernant les horaires d'ouverture, téléphoner au +33 (0)3 69 33 25 00.
Equipements et Détails
- Accès handicapé
- Animaux non admis
- Audio guide
- Boissons sur place
- Boutique souvenir
- Dépose minute
- Guide conférencier
- Parking à proximité
- Restauration sur place