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Château du Haut-Ribeaupierre à Ribeauville dans le Haut-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château du Haut-Ribeaupierre

  • 15 Route de Sainte-Marie aux Mines
  • 68150 Ribeauvillé
Propriété d'un établissement public
68150 Ribeauvillé, 15 Route de Sainte-Marie aux Mines

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1084
Première mention du site
1254
Première mention comme *Altenkastel*
1288
Possession d'Anselme de Ribeaupierre
XIIIe siècle (1ère moitié)
Construction du donjon et courtine ouest
XVe siècle
Transformation en prison
XVIe siècle
Doublement de l'entrée sud
après XVIe siècle
Abandon du château
1841
Classement monument historique
dernier quart du XIXe siècle
Restauration par Charles Winkler
1999–2000
Restauration complète
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble de la partie haute du jardin, comprenant notamment : le vivier supérieur et le banc le bordant ; la fontaine de la terrasse supérieure ; le vivier de la terrasse intermédiaire ; les statues de Jean-Joseph-Ignace Brosch représentant Apollon, Diane, Vénus et Flore ; les murs de soutènement des terrasses ; les escaliers d'accès au jardin ; le mur de clôture donnant sur la rue du Château (cad. 29 560/140) : inscription par arrêté du 24 décembre 1997

Personnages clés

Anselme de Ribeaupierre - Seigneur de Ribeaupierre Prend possession vers 1288.
Rodolphe Ier du Saint-Empire - Empereur germanique Visita le château en 1280, 1284 et 1286.
Charles VII - Roi de France Signe un traité avec les Ribeaupierre.
Brunon de Ribeaupierre - Seigneur et prisonnier anglais Enferme John Harleston (1384–1387).
John Harleston - Chevalier anglais Prisonnier au donjon pour trois ans.
Philippe Ier de Croÿ - Comte de Chinay Prisonnier en 1477 après Nancy.
Charles Winkler - Architecte restaurateur Consolide le château au XIXe siècle.

Origine et histoire du Château du Haut-Ribeaupierre

Le château du Haut-Ribeaupierre, aussi nommé Altenkastel (« vieux château ») dès le XIIIe siècle, est l’un des trois châteaux surplombant Ribeauvillé dans le Haut-Rhin. Mentionné pour la première fois en 1254 sous le nom Rabaldi Petra alto, il fut francisé en Haut-Ribeaupierre après son appellation allemande Hohe Rappolstein (1361). Construit sur un site potentiellement occupé depuis l’époque gallo-romaine, il fut initialement propriété des comtes d’Eguisheim avant de passer aux seigneurs de Ribeaupierre au XIIe siècle. Son donjon circulaire et ses courtines datent en partie du XIIIe siècle, tandis que le logis, utilisé comme prison aux XVe et XVIe siècles, fut ajouté plus tard.

Le château joua un rôle stratégique et symbolique pour la seigneurie de Ribeaupierre. En 1280, 1284 et 1286, l’empereur Rodolphe Ier du Saint-Empire y séjournait, et un traité y fut signé entre le roi Charles VII de France et le sire de Ribeaupierre, engageant ce dernier à maintenir le fort accessible aux troupes françaises. Au XIVe siècle, Brunon de Ribeaupierre y emprisonna le chevalier anglais John Harleston (1384–1387) pour sa haine des Anglais, puis Philippe Ier de Croÿ, allié de Charles le Téméraire, en 1477. Le château, abandonné après le XVIe siècle (probablement pendant la Guerre de Trente Ans), fut restauré au XIXe siècle par l’architecte Charles Winkler, qui consolida les maçonneries et reconstitua les merlons du donjon.

Aujourd’hui en ruines et envahi par la végétation, le Haut-Ribeaupierre se compose d’un bâtiment d’entrée à doubles portes (XVIe siècle), d’un donjon circulaire en grès rose soutenu par un arc brisé, et d’une courtine nord percée d’ouvertures rectangulaires. Les vestiges incluent aussi une basse cour, une citerne voûtée, et des traces de logis médiéval. Classé monument historique dès 1841, il fait l’objet de consolidations régulières, dont une restauration complète en 1999–2000. Son iconographie, rare avant le XIXe siècle, provient notamment d’un dessin de 1643 (copie de 1844) et de gravures de Merian, montrant son déclin progressif.

La famille de Ribeaupierre, détentrice du château depuis le XIIe siècle, en fit un symbole de pouvoir avant qu’il ne devienne une prison pour personnages illustres ou marginaux (sorcières, juifs). Son architecture reflète des adaptations successives : la courtine ouest et le donjon datent du XIIIe siècle, le logis-prison du XVe, et l’entrée fortifiée du XVIe. Les fouilles et études (notamment par T. Biller et B. Metz) suggèrent une occupation continue jusqu’à son abandon, suivi de restaurations modernes pour préserver ce témoignage de l’histoire alsacienne.

Liens externes

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