Origine et histoire
Le château du Jonchay, situé dans la vallée de la Saône à Anse (département du Rhône), remplace une construction bien plus ancienne. L'édifice actuel, daté du XVIIe siècle, présente un plan rectangulaire flanqué de deux tourelles carrées, avec une façade principale rythmée par sept travées régulières. Les murs, construits en blocage et recrépis au XIXe siècle, supportent un toit à deux pans dissimulé par une balustrade. Un pigeonnier quadrangulaire, couvert de tuiles en écaille, complète l'ensemble architectural au sud-ouest.
Le domaine tire son nom de son environnement originel, probablement marécageux et couvert de joncs, alimenté par la source de Brienne. Dès 1240, il est mentionné comme rattaché au fief de Brienne sous le terme junchetum de Brionna. En 1319, l'obéancier d'Anse reçoit l'hommage pour ce fief. Le premier seigneur identifié, Jean Richard de Saint-Priest, apparaît en 1326, suivi d'Offroy de Lanay en 1381, puis de Mathieu de Vauzelles, qui épouse Françoise de Guilhens en 1584.
Au XVIIIe siècle, le château change de mains à plusieurs reprises : Antoine de Raymondis l'acquiert en 1701 et le transmet à sa fille, épouse de Philippe de Paradis. En 1782, Dieudonné Sarton, devenu Sarton du Jonchay après naturalisation, achète le domaine et y ajoute une charge prestigieuse à Lyon. La lignée se poursuit avec son fils Charles, puis Gaston, dont le descendant Médéric épouse Gabrielle Gillet de Valbreuse en 1864. Enfin, en 1889, Paul Claret de Fleurieu épouse Marie Antoinette Sarton du Jonchay, dernière héritière mentionnée.
Les armoiries des familles successives — Saint-Priest, de Vauzelles, Sarton du Jonchay et Claret de Fleurieu — témoignent de leur noblesse. Leurs devises, comme Sub umbra alarum tuarum protege nos (de Vauzelles) ou Claret, non nocet (Claret de Fleurieu), reflètent leurs valeurs. Aujourd'hui, le château reste une propriété privée, fermée au public.
Les sources historiques citent notamment le Dictionnaire de la Noblesse (1774) et l'ouvrage Châteaux et maisons bourgeoises dans le Rhône (1980), confirmant son ancrage dans le patrimoine rhônalpin. Les bâtiments d'exploitation, organisés autour d'une cour intérieure, soulignent son rôle passé de domaine agricole et seigneurial.