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Château du Magnet dans l'Indre

Indre

Château du Magnet

    1 Route de Fourche
    36230 Mers-sur-Indre

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Division de la seigneurie de Presles
1507
Testament de Louise de Clac
1518
Achat de la seigneurie de Presles
1719
Acquisition par Louis-Charles de La Porte
1776
Vente au comte de Chabrillan
1846
Publication de *La Mare au diable*
1851
Rachat par Ernest-Rigobert Simons
1990-1994
Occupation par une secte *new age*
2017
Acquisition par la famille Petiau
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louise de Clac - Dame de Montipouret et du Magné Mentionnée dans un testament de 1507.
François de La Queuille - Capitaine et seigneur Acheta Presles en 1518, décrit le Magnet.
Jacques-Aymar de Moreton, comte de Chabrillan - Propriétaire et bienfaiteur Restaura le château avant la Révolution.
Céleste Mogador - Danseuse et écuyère Épouse du comte, séjours tumultueux.
George Sand - Écrivaine romantique Inspirée par le château pour ses romans.
Ernest-Rigobert Simons - Restaurateur et légionnaire Agrandit le domaine au XIXe siècle.

Origine et histoire

Le château du Magnet, situé à Mers-sur-Indre dans le département de l’Indre, est une propriété privée datant principalement du XVIe siècle, bien que construit sur les vestiges d’un château médiéval. Il se distingue par ses hautes toitures, ses lucarnes à pinacle et une chapelle néogothique reconstruite au XIXe siècle. Le domaine, autrefois lié à la seigneurie de Presles, fut divisé au XIIIe siècle entre plusieurs familles nobles, dont les Naillac, avant d’être agrandi et transformé au fil des siècles.

Au XVIe siècle, le château passe entre les mains de familles influentes comme les La Queuille, les Genouillac et les Pot de Rhodes. En 1719, il est acquis par Louis-Charles de La Porte, qui y ajoute une aile. Au XVIIIe siècle, Jacques-Aymar de Moreton, comte de Chabrillan, y installe un jardin à l’anglaise et y réside pendant la Révolution, se montrant généreux envers les pauvres locaux. Le château devient un marquisat avant d’être vendu en 1776.

Au XIXe siècle, le château est associé à des figures emblématiques : le comte Lionel-Paul-Josselin de Chabrillan y épouse la danseuse Céleste Mogador, dont les séjours tumultueux marquent l’histoire du lieu. En 1851, Ernest-Rigobert Simons rachète le domaine et entreprend d’importantes restaurations, ajoutant un pavillon et une chapelle. La famille Simons conserve le château sur trois générations, modernisant les exploitations agricoles et agrandissant le domaine à plus de 4 000 hectares.

Le château du Magnet inspire également la littérature, servant de décor à La Mare au diable (1846) et La Vallée noire (1884) de George Sand. L’écrivaine, attachée à la région du Boischaut qu’elle surnomme la « Vallée noire », y décrit un lieu romantique et mystérieux. Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains : il abrite brièvement un monastère bénédictin dans les années 1960, puis une secte new age dans les années 1990, avant d’être restauré et transformé en chambres d’hôtes.

Architecturalement, le château mêle styles Renaissance et classique, avec une façade ouest remaniée et deux tours imposantes. La chapelle, reconstruite entre 1851 et 1870, arbore des vitraux du XIXe siècle représentant des saints locaux comme Solange et Ursin. Les intérieurs, décrits par Mogador dans ses Mémoires, révèlent un décor fastueux du XVe siècle, avec boiseries dorées et tentures de soie, bien que partiellement délabré au XIXe siècle.

Aujourd’hui, le château du Magnet reste une propriété privée, témoin d’un passé féodal, littéraire et mondain. Son histoire reflète les transformations sociales et culturelles du Berry, des seigneurs médiévaux aux restaurations contemporaines, en passant par son rôle dans l’œuvre de George Sand et les excès de la vie parisienne du Second Empire.

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