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Château du Maine dans Paris

Château du Maine

    2 Rue du Moulin des Lapins
    75014 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
vers 1730
Construction initiale
1766-1778
Propriété de Fréron
1818-1832
Propriété de Talaru
1842
Achat par Coüesnon
1898
Démolition finale
années 1980
Disparition définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre Sauvage - Premier propriétaire identifié Officier à la Monnaie de Paris (1730).
Élie Catherine Fréron - Critique littéraire Propriétaire de 1766 à 1778, agrandit le domaine.
Louis-Justin Talaru - Marquis et ministre Propriétaire de 1818 à 1832, embellit le château.
Alexandre-Marie Coüesnon - Marchand de vin Acheteur en 1842, loua le parc pour un géorama.
Jean-Léon Sanis - Géographe Installa un géorama détruit en 1844.

Origine et histoire

Le château du Maine, situé dans l’actuel 14e arrondissement de Paris, était à l’origine un hôtel particulier ou petit château nommé Fantaisie, construit vers 1730. Contrairement à une légende locale, il n’a jamais appartenu au duc du Maine, mais fut la propriété successive d’Élie Catherine Fréron (1766-1778), critique littéraire en conflit avec Voltaire, puis du marquis Louis-Justin Talaru (1818-1832), ministre sous la Restauration. Le domaine, entouré d’un parc de 12 hectares et de cinq moulins, fut agrandi et embelli par ses propriétaires avant d’être confisqué comme bien national en 1832.

L’entrée principale du château se trouvait au 142 rue du Château, avec une allée menant à l’actuelle rue Asseline. Son parc s’étendait entre les rues du Château, Didot, Raymond-Losserand et Pernety, dans un quartier alors rural appelé Petit-Montrouge, partie sud de Montrouge. Urbanisé à partir des années 1840, ce territoire fut annexé à Paris en 1860. Le château, d’une façade de 25 mètres et d’une surface habitable de 850 m2 (rez-de-chaussée et trois étages), fut progressivement démantelé après 1842, ses dernières traces disparaissant en 1898.

Le premier propriétaire identifié, Pierre Sauvage (officier à la Monnaie de Paris), céda le domaine en 1736 à Pierre Mars, procureur au Parlement. Racheté par Fréron en 1766, le château fut agrandi d’une chapelle et rebaptisé Fantaisie. Après la mort ruineuse de Fréron en 1776, le domaine passa entre plusieurs mains, dont celles du banquier Charles de Puirieux, avant d’être acquis en 1818 par Talaru. Ce dernier y logea des ministres en fuite lors de la Révolution de 1830, entraînant sa confiscation.

En 1842, le marchand de vin Alexandre-Marie Coüesnon acheta les 4 hectares restants et loua une partie du parc au géographe Jean-Léon Sanis pour y installer un géorama (détruit par un incendie en 1844). Après la mort de Coüesnon en 1857, son fils Louis-Victor tenta de lotir le domaine, mais le projet fut interrompu par sa mort en 1872. Les dernières héritières vendirent les ruines en 1898 à la Compagnie des tramways, qui y construisit un dépôt démoli dans les années 1980 pour la ZAC Didot.

Le quartier, marqué par des carrières et des moulins (comme le moulin d’Amour, démoli en 1916), devint un îlot insalubre au XXe siècle. Aucune représentation graphique fiable du château ne subsiste, mais des descriptions ont permis une reconstitution 3D. Les vestiges du parc et des dépendances disparurent définitivement avec les transformations urbaines du 14e arrondissement.

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