Origine et histoire
Le château du Meux, situé dans la commune du même nom (Oise, Hauts-de-France), remplace un premier château féodal bâti au XIIe siècle sur les collines de La Bruyère. Ce dernier, possiblement détruit au XVe siècle sur ordre de Charles VII après sa conquête par les Anglais et les Bourguignons, a laissé place à l’édifice actuel. Sa construction, initiée par Jean de Rouville et achevée en 1637 par son fils, est parfois attribuée aux architectes François Mansart ou Sébastien Bruand, bien que cette paternité reste incertaine.
Le château actuel se distingue par son corps de bâtiment unique de 32 mètres, orienté nord-sud, avec des façades en briques et pierres. Son architecture repose sur une harmonie entre la pierre blanche, la brique rose et l’ardoise bleue, typique du XVIIe siècle. À l’intérieur, un escalier voûté en briques et pierre, composé de deux volées droites, ainsi qu’un comble à surcroît, témoignent de son raffinement. Le domaine s’étend sur 7 hectares, incluant un parc autrefois dessiné à la française, une chapelle-orangerie du XVIIIe siècle, et des communs partiellement remaniés.
Classé monument historique depuis 1977, le château a connu de nombreux propriétaires, dont Louis Marie de Rouville (à partir de 1708), le comte de la Mothe-Haudancourt (1720), ou encore Jacques Darmon, propriétaire actuel depuis 1976. Parmi ses dépendances notables figurent une grange du XIXe siècle, une chapelle privée mentionnée en 1757, et un tulipier de Virginie bicentenaire, classé parmi les plus beaux arbres de l’Oise. Le parc, initialement structuré en parterres et avenues, a évolué vers un style plus libre après l’abandon de son tracé d’origine.
Les archives évoquent une maison du jardinier attestée dès 1747, aujourd’hui disparue, ainsi qu’une correspondance de 1757 entre M. Laurès et le cardinal Potier concernant l’établissement de la chapelle. Les communs, probablement du XVIIIe siècle, ont été complétés ultérieurement. Le château illustre ainsi l’évolution architecturale et paysagère d’une demeure seigneuriale, entre héritage médiéval et transformations modernes.