Origine et histoire du Château du Molant
Le château du Molant, situé à Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine), est un monument emblématique du 4e quart du XVIIIe siècle, construit entre 1774 et 1775 sur les plans de l’architecte Louis de Brilhac pour la famille du Boberil. Ce château de plan rectangulaire, aux façades symétriques et avant-corps central, incarne l’architecture sobre mais raffinée de l’époque. Son escalier en fer forgé (1786), sa chapelle à clochetons (1779) et son orangerie complètent un ensemble homogène, préservé dans son authenticité.
La seigneurie du Molant, attestée dès le XIVe siècle, appartenait successivement aux familles Lévesque (1388, 1427), d’Ust (1513), puis aux du Boberil à partir de 1562, via le mariage de Françoise d’Ust avec Vincent du Boberil. Le domaine, confisqué comme bien national en 1793 après l’émigration de René-Joseph du Boberil, fut racheté par sa sœur, Madame de Kergu. Les plans de 1784 révèlent des vestiges médiévaux, dont un ancien colombier et une chapelle primitive, témoignant d’une occupation bien antérieure.
Classé Monument Historique le 9 septembre 1993, le château et ses dépendances (chapelle, orangerie, communs) illustrent l’héritage aristocratique breton. L’environnement, incluant jardins, allées et bois, a été préservé, offrant un cadre d’exception. Les matériaux, comme le granite pour les encadrements des baies ou le calcaire pour certains détails, soulignent le soin apporté à sa construction. L’ensemble reste un témoignage rare de l’architecture résidentielle noble de la fin du XVIIIe siècle en Bretagne.
Louis de Brilhac, chevalier et commandeur de Saint-Jean, issu d’une famille noble de Touraine installée en Bretagne, conçut les plans en 1774-1775. Son œuvre pour le Molant reflète l’influence des réseaux parlementaires bretons, son frère Pierre étant premier président du Parlement de Bretagne en 1703. René-Henry du Boberil, propriétaire au XVIIIe siècle, servit dans les chevau-légers du roi et épousa Victoire Levacher de la Chaize, puis Charlotte Valette de Champfleury, inscrivant le domaine dans l’histoire des élites locales.
Les archives mentionnent un procès-verbal de 1793 décrivant l’emplacement de l’ancien château près du vivier, ainsi qu’un colombier remplacé ultérieurement par l’orangerie. La charpente et certains percements des communs remontent à la fin du Moyen Âge, confirmant la superposition des époques. Les plans de 1784 et 1824 montrent aussi un bâtiment parallèle au nord de la cour, aujourd’hui disparu. Ce patrimoine, à la fois résidence seigneuriale et symbole de pouvoir, incarne près de sept siècles d’histoire bretonne.