Origine et histoire du Château du Parc
Le château du parc Soubise, situé à Mouchamps en Vendée, est un monument dont les origines remontent au XVIIe siècle, avec des transformations majeures aux 4e quart du XVIIIe siècle et 2e quart du XIXe siècle. Il fut initialement la propriété de la famille de Parthenay-L'Archevêque, puis des Rohan, avant de passer aux Chabot en 1784. Ce château, ancré dans le bocage vendéen, a été un haut lieu du protestantisme en France, notamment sous l’influence de Michèle de Parthenay, gouvernante de Renée de France et proche d’Anne de Bretagne. Après les guerres de Religion, il devint un symbole de résistance protestante sous Henri de Rohan, avant d’être démantelé sur ordre de Richelieu en 1628.
Au XVIIIe siècle, le château est reconstruit par Pierre Bonfils, un protestant, avant d’être acquis en 1784 par Charles-Augustin de Chabot. Pendant la Révolution, en 1794, il est incendié par la colonne infernale de Lachenay, qui massacre 200 personnes dans sa cour. Le comte de Chabot, de retour d’exil, décide de conserver les ruines en mémoire de ces événements tragiques. Le château, partiellement restauré, conserve des éléments des XVIIe et XVIIIe siècles, comme les communs (grange, grenier, cellier) et la chapelle.
Le domaine est aujourd’hui protégé, avec des inscriptions et classements aux monuments historiques (1987 et 1989). Il abrite des gîtes et des salles pour des événements culturels, comme le festival de théâtre bisannuel. Le cinéaste Robert Bresson y a tourné Lancelot du Lac en 1974. Propriété de la famille de Chabot, le château reste un témoignage poignant des conflits religieux et révolutionnaires qui ont marqué la Vendée.
Le parc Soubise est aussi lié à des figures historiques majeures. Catherine de Parthenay, petite-fille de Jean V de Parthenay, y tint une cour brillante, accueillant Henri de Navarre (futur Henri IV), le mathématicien François Viète et l’écrivain Agrippa d’Aubigné. Après les guerres de Religion, le domaine passe aux Rohan-Chabot par le mariage de Marguerite de Rohan avec Henri de Chabot en 1645. Ces liens avec la noblesse protestante et catholique en font un lieu emblématique de l’histoire française.
Architecturalement, le château actuel mêle les vestiges du XVIIe siècle (communs) et une reconstruction du XVIIIe siècle, marquée par le style classique. Les décors intérieurs de la chapelle, classés en 1989, ainsi que les façades et toitures inscrites en 1987, illustrent cette dualité. Le site, inscrit en 1977 pour son caractère pittoresque et historique, est aujourd’hui géré par une SCI dont la famille de Chabot est membre, perpétuant son héritage tout en l’ouvrant au public.