Château du Paty à Chenu dans la Sarthe

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château du Paty

  • Le Paty
  • 72500 Chenu
Crédit photo : Venus 744 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe–XIIe siècles
Transition construction bois
XIIIe–XIVe siècles
Construction des tours
1470
Rénovation par Hélie de Bourdeille
XVIe siècle
Ajout de l'aile nord
1770
Aménagement de l'escalier
1850
Construction du pont principal
2011-2012
Restauration de la toiture
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ainsi que le portail d'accès et le pont sur les douves qui l'accompagne (cad. C 465) : inscription par arrêté du 8 novembre 1977

Personnages clés

Hélie de Bourdeille Archevêque de Tours et confesseur de Louis XI, acquéreur et rénovateur du Paty vers 1470.
Joseph Langellier Bellevue Acquéreur du Paty en 1909, transmettant ensuite la propriété à ses filles.
Thibaut Huyghues Despointes Rachat de la part Dhavernas de l’indivision en 2006-2007, assurant la conservation du domaine.

Origine et histoire du Château du Paty

Le château du Paty, situé à Chenu dans la Sarthe, est une construction dont l’essentiel remonte au XVe siècle et qui est partiellement inscrit au titre des monuments historiques. La seigneurie de Chenu dépendait autrefois de l’abbaye puis de la collégiale de Tours et relevait du grand prévôt de l’abbaye, qui déléguait son autorité à des prévôts locaux ou à des officiers appelés « voyers ». Le voyer exerçait des fonctions judiciaires et de police, percevait des droits et impôts, organisait corvées et levées d’hommes, sans pour autant disposer d’un droit de vie ou de mort ; sa charge n’était pas héréditaire. Le Paty apparaît comme le siège probable du voyer des chanoines : la construction principale date de la fin du XVe siècle mais laisse subsister des dispositions anciennes évoquant une motte féodale, monticule de terre entouré d’eau et surmonté d’une construction en madriers, type représenté notamment sur la tapisserie de Bayeux et par le donjon de Langeais attribué à Foulques Nerra. Le Paty était le fief dominant de la paroisse et plusieurs fiefs locaux le reconnaissaient pour seigneur, comme la Maison Rouge et la Bruère ; d’autres seigneuries plus récentes composaient le paysage foncier local. L’absence d’une vieille famille titulaire du lieu est cohérente avec l’hypothèse d’une demeure relevant d’une charge ecclésiastique dont les titulaires ne faisaient pas souche. Le passage d’une maison de bois à une construction de maçonnerie a peut‑être eu lieu aux XIe–XIIe siècles, mais l’évolution exacte des fondations reste incertaine. Le site ne fut probablement jamais un « château fort » au sens militaire du terme ; il n’apparaît pas dans les listes anciennes des châteaux et son implantation ne correspondrait pas à un besoin stratégique majeur. Des éléments anciens subsistent : la tour sud présente des vestiges d’une construction ancienne, la tour sud‑ouest offre des restes vraisemblablement datables du XIe siècle et la tour nord‑est a des fondations susceptibles de remonter au XIIIe siècle. Des meurtrières découvertes lors de travaux de réfection dans les années 1980 témoignent d’une origine des tours aux XIIIe–XIVe siècles. Un simple manoir du XIIe siècle a pu subsister jusqu’au XVe siècle, période troublée où pillages ou incendies pendant la guerre de Cent Ans restent possibles. Vers 1470, Hélie de Bourdeille, archevêque de Tours et confesseur de Louis XI, acquit le Paty ; il fit rénover les tours et élargir les fossés, en faisant évoluer la demeure vers la physionomie actuelle. Hélie de Bourdeille, né vers 1410–1413, fut évêque de Périgueux en 1438, participa à la révision du procès de Jeanne d’Arc, fut délégué aux États généraux de Tours en 1468, nommé archevêque de Tours et créé cardinal en 1483 ; il mourut à Artennes le 5 juillet 1484. Après sa mort, le domaine passa à son frère puis à son neveu Pierre de Bourdeille, abbé commendataire de Brantôme, et resta ensuite dans la famille de Brantôme avant de revenir par héritage et mariage aux familles Houdouin, Hubert et Ducasse. Au début du XXe siècle, Joseph Langellier Bellevue acquit le Paty le 3 avril 1909 ; il le transmit à ses filles, puis la propriété a été partagée au sein des familles Huc, Dhavernas et Huyghues Despointes. En décembre 2006 et janvier 2007, Thibaut Huyghues Despointes et ses enfants ont racheté la part Dhavernas de l’indivision, assurant la conservation du domaine pour les générations suivantes. Sur le plan architectural, le Paty était jusque vers 1470 une maison de fonction affectée au voyer ; les parties les plus anciennes conservées sont la cave intérieure datée des XIIe–XIIIe siècles et des tours aux XIIIe–XIVe siècles, tandis que l’architecture des murs principaux appartient aux XVe–XVIe siècles et que la charpente porte la date de 1550. L’aile nord de la cuisine, caractérisée par des murs épais d’environ 1,40 m, a été ajoutée au XVIe siècle ; il subsiste une ouverture du XVe siècle dans la tour sud, mais la plupart des percements datent du XVIIIe siècle. L’escalier intérieur a été aménagé vers 1770 et les travaux se sont interrompus avec la Révolution. La toiture a été entièrement restaurée entre 2011 et 2012 lors d’un chantier de dix‑huit mois ; les tours conservent une couverture particulière en ardoises, 3 700 ardoises par tour réparties en 70 rangées, avec des pièces de plus en plus petites vers le sommet et une épaisseur de 4 mm. Des éléments en zinc, vraisemblablement ajoutés au XIXe siècle, ont été supprimés et remplacés par des noues ; une ancienne date pour la couverture en ardoises, 1870, a été retrouvée, tout comme la date 1550 pour la charpente, et des artisans de Chenu ont signé ces travaux. Le pavillon abritant les écuries remonte aux XVIe–XVIIe siècles et fut remanié au XIXe siècle avec l’adjonction de deux pavillons latéraux à étage ; la maison dite d’Henry, à l’entrée du parc, appartient aux XVe–XVIe siècles. Le pont principal, construit en 1850, se distingue par sa structure et fait partie de l’inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques ; le pont de la futaie, ancienne entrée du Paty, était un pont‑levis et constituait la seule entrée jusqu’en 1850. Les façades et toitures, ainsi que le portail d’accès et le pont sur les douves, sont inscrits aux monuments historiques depuis le 8 novembre 1977. Le parc du château est ouvert au public de mai à octobre et pendant les vacances scolaires, de 10 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h.

Liens externes