Origine et histoire du Château du Petit Perron
Le château du Petit Perron, aussi appelé maison des champs des Gondi, est un édifice Renaissance situé à Pierre-Bénite, dans la métropole de Lyon. Construit au XVIe siècle, il s’inscrit dans un domaine plus vaste incluant le Grand Perron, avec lequel il partagea une histoire commune jusqu’en 1609. Son architecture toscane, marquée par des galeries superposées et des jardins en terrasses, reflète l’influence des marchands florentins installés à Lyon, comme Antoine Gondi, qui acquit le domaine en 1520 et le transforma en une résidence de campagne élégante, unifiant des bâtiments préexistants.
L’histoire du site remonte au XIIe siècle, avec des mentions de biens et d’une maison du Perron détenue par Guillaume Rufus, chanoine de Lyon. Au XVIe siècle, Antoine Gondi et son épouse Marie-Catherine de Pierrevive, tous deux d’origine florentine, restructurèrent le hameau en une demeure cohérente, ajoutant des façades à galeries et des jardins-panoramas inspirés des belles vues toscanes. Le Petit Perron fut détaché du Grand Perron en 1609, lors de sa vente à Guillaume de Balmes, secrétaire du roi. Les deux propriétés avaient auparavant accueilli des figures historiques, comme Catherine de Médicis et Charles IX, reçus au Grand Perron en 1564.
L’architecture du Petit Perron se distingue par un plan en « U » autour d’une cour intérieure, complété par un pavillon carré et une chapelle ajoutée en 1748. Les façades est et ouest présentent trois niveaux de galeries en arcades, reliées par un escalier en vis. Les jardins, organisés en deux terrasses, offrent des perspectives sur la vallée du Rhône, le Mont Blanc et le Mont Pilat, selon la tradition toscane. Des vestiges de fortifications du XVIe siècle, comme des traces de tours, subsistent dans les bâtis. Le domaine, classé monument historique en 2006, a connu de nombreux propriétaires, dont les familles Camus et de Balmes, avant d’être restauré au XXe siècle par la fondation Renaud.
Le château illustre les liens entre Lyon et les marchands florentins, comme les Gondi et les Pierrevive, qui marquèrent l’urbanisme local. Marie-Catherine de Pierrevive, proche de Catherine de Médicis, joua un rôle clé dans la conception des lieux avant de rejoindre Paris en 1544. Le Petit Perron fut aussi associé à des erreurs historiques, comme l’attribution erronée de sa construction à Jean Camus, marchand lyonnais contemporain des Gondi. Les recherches récentes, comme celles du CRBA (2011), ont permis de clarifier son évolution, depuis ses origines médiévales jusqu’à ses transformations modernes.
Au XXe siècle, le château, divisé en logements, fut sauvé par des restaurations entreprises à partir de 1980 par Jean-Jacques Renaud. Des découvertes, comme des peintures dans l’aile sud et une cheminée monumentale, attestent de son riche passé. Aujourd’hui, le Petit Perron se visite sur demande, témoignant de l’héritage Renaissance lyonnais et des échanges culturels entre la France et l’Italie. Son inscription aux monuments historiques couvre l’ensemble du domaine, y compris les murs et jardins, préservant ainsi un exemple rare d’architecture toscane en Rhône-Alpes.