Origine et histoire du Château du Plessis
Le château du Plessis, implanté sur un rebord de terrasse dominant l’étang du Plessis à Blanzy (Saône-et-Loire), trouve ses origines au XIIIe siècle avec une enceinte fortifiée, une tour-porche et un pont-levis. La tour carrée de la Madeleine, datant du XIVe siècle, est le vestige le plus ancien encore visible. Le site est mentionné pour la première fois en 1279 lors d’un partage successoral du duc Hugues IV de Bourgogne. Au fil des siècles, il change de mains : vendu en 1348 à Girard Damas, récupéré en 1433 par le duc de Bourgogne pour être offert à Nicolas Rolin (chancelier de Bourgogne), puis transmis en 1479 à la famille de Levis, qui le conserve jusqu’en 1738. Les armes de cette famille sont toujours visibles sur une porte du château.
Au XVIIIe siècle, le château est restauré par Blaise Quarré vers 1750, qui modernise les lieux : comblement des fossés, création de trois terrasses, et déplacement de l’entrée. Ces travaux, coûteux, ruinent Quarré, qui vend le domaine en 1770 à Jean-Pierre Delglas, marquis de la Tour du Bost et trésorier de France à Lyon. Le château subit ensuite une transformation majeure entre 1872 et 1906, adoptant un style néo-gothique inspiré par Viollet-le-Duc, avec l’ajout d’une tourelle octogonale à la tour médiévale. Depuis 1815, il appartient à la famille des marquis de Barbentane, après le mariage de Catherine Delglas avec le marquis de Beauregard.
Classé monument historique depuis 1993, le château du Plessis reste une propriété privée et ne se visite pas. Son histoire est marquée par des épisodes notables : en 1856, le comte de Barbentane cède des terres pour la création de Montceau-les-Mines. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il accueille en 1944 des pensionnaires du Petit-Collège d’Avon, dont le futur cinéaste Louis Malle, qui s’en inspirera pour son film Au revoir les enfants. Par ailleurs, Lucie Aubrac y passe son enfance, ses parents étant employés au château, et utilisera plus tard le pseudonyme Guillaine de Barbentane pour ses actions dans la Résistance.
L’ensemble architectural, organisé autour d’une cour rectangulaire (47 m sur 43 m), mêle ainsi des éléments médiévaux, classiques et néo-gothiques. Les travaux du XVIIIe siècle (corps de logis, terrasses) contrastent avec les ajouts du XIXe siècle, reflétant l’évolution des goûts et des usages d’un château resté habité et vivant. Les jardins et le château sont protégés depuis 1993, témoignant de leur valeur patrimoniale dans la région Bourgogne-Franche-Comté.