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Château du Plessis-Macé en Maine-et-Loire

Maine-et-Loire

Château du Plessis-Macé


    Le Plessis-Macé

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 1060
Fondation par Macé Ier du Plessis
1440–1477
Reconstruction par Louis de Beaumont
1472
Séjour de Louis XI
1532
Visite de François Ier
1678
Vente aux Bautru
1962
Classement monument historique
1967
Don partiel à l’État
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis de Beaumont (1407–1477) - Conseiller-chambellan de Louis XI Reconstructeur du château en gothique flamboyant.
Thibault de Beaumont - Gouverneur d’Anjou Accueillit Charles VIII en 1487.
Eustache du Bellay (vers 1440–1504) - Chambellan de Louis XII Grand-père du poète Joachim du Bellay.
François Ier - Roi de France Séjournait en 1518 et 1532.
Sophie Legrand (1801–1872) - Comtesse Walsh de Serrant Restaura le château au XIXe siècle.
Charles-Victor Langlois - Historien et restaurateur Propriétaire au XXe siècle, donateur partiel.

Origine et histoire

Le château du Plessis-Macé est un édifice médiéval profondément remanié au début de la Renaissance, situé dans la commune déléguée du Plessis-Macé, intégrée aujourd’hui à Longuenée-en-Anjou (Maine-et-Loire). Bâti à proximité de l’église Saint-Pierre, il domine un bourg à une dizaine de kilomètres au nord d’Angers. Son architecture mêle des éléments défensifs hérités du Moyen Âge – comme ses épaisses murailles et ses tours – à des ajouts Renaissance, tels que des fenêtres percées dans les murs et des poivrières coiffant les tours. Le site, classé monument historique depuis 1962, illustre l’évolution des châteaux forts en résidences aristocratiques entre le XVe et le XVIe siècle.

La seigneurie du Plessis-Macé fut détenue, du XIe au XVIIIe siècle, par quatre familles liées par des alliances matrimoniales : les du Plessis (fondateurs, dont Macé Ier vers 1060), les de la Haye-Joulain, les de Beaumont, et les du Bellay. La reconstruction majeure du château débuta vers 1440 sous Louis de Beaumont (1407–1477), chambellan de Charles VII puis de Louis XI, qui transforma la forteresse ruinée par la guerre de Cent Ans en une demeure gothique flamboyant. Il y ajoutait des balcons pour les tournois, une tour d’escalier aux marches adaptées aux mules, et un donjon reconstruit. Le roi Louis XI y séjournait en 1472 lors de sa campagne contre la Bretagne, signant des lettres depuis le château.

Au XVIe siècle, la famille du Bellay, dont le poète Joachim et le cardinal Jean, marqua l’histoire du lieu. Eustache du Bellay (vers 1440–1504), chambellan de Louis XII, en hérita par mariage, suivi de ses descendants jusqu’en 1678. François Ier y séjourna en 1518 et 1532, y apposant son sceau au traité de Vannes qui scella l’union de la Bretagne à la France. Le château changea ensuite de mains à plusieurs reprises : acquis par les Bautru en 1678, puis par les Walsh (armateurs nantais d’origine irlandaise) en 1749, avant d’être restauré au XIXe siècle par Sophie Legrand, comtesse Walsh, dans un style néo-gothique passionné.

Au XXe siècle, le château fut racheté par l’historien Charles-Victor Langlois, qui entreprit des restaurations majeures avec sa famille. Classé monument historique en 1962, il fut partiellement donné à l’État en 1967 par Philippe Langlois-Berthelot, sous réserve d’un usage privé pour ses descendants. Aujourd’hui, le site accueille des événements culturels, comme le festival d’Anjou, et a servi de décor à des films, dont La Dame de Monsoreau (1971 et 2009). Son architecture hybride et son histoire liée à la couronne de France en font un témoin privilégié des transitions entre Moyen Âge et Renaissance.

Les protections officielles incluent le classement du château en 1962 et celui de son site en 1987. Les archives et études historiques, comme celles de Célestin Port ou d’Antoinette Langlois-Berthelot, documentent son évolution depuis le XIe siècle, soulignant son rôle dans les conflits franco-bretons et son héritage architectural. Les tapisseries acquises par Sophie Legrand et les restaurations des Langlois-Berthelot ont préservé son caractère, tandis que les séjours royaux (Louis XI, Charles VIII, François Ier, Henri IV) en font un lieu marqué par l’histoire politique française.

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