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Château du Roc à Fons dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château du Roc à Fons

  • D211
  • 46100 Fons
Château du Roc à Fons
Château du Roc à Fons
Crédit photo : Zaboline46 - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
1 Chemin des Dames 46320 Espagnac-Sainte-Eulalie

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 972
Fondation du monastère
1302
Possession royale
1384
Seigneurie aux Prudhomme
1570
Début de la construction
10 mars 1622
Siège et mort de Cardaillac
1791-1794
Destructions révolutionnaires
vers 1800
Restauration post-Révolution
1868
Aménagement du parc
7 décembre 1993
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château, système hydraulique du parc (bassins, nymphée et étang) et les dépendances, à l'exclusion du pigeonnier (cad. C 251, 254, 271 à 278) : inscription par arrêté du 7 décembre 1993

Personnages clés

Antoine de Prudhomme - Seigneur et constructeur Initiateur du château en 1570.
Jean de Prudhomme - Viguier royal Reçoit la seigneurie du Roc en 1384.
Gilbert François de Cardaillac - Seigneur local Meurt lors du siège de 1622.
Bertrand-Marie-Frédéric de Cornély - Colonel et modernisateur Aménage le parc et les dépendances.
Duc de Sully - Assiégeant du château Dirige le siège de 1622.

Origine et histoire du Château du Roc

Le château du Roc à Fons, situé dans le département du Lot en Occitanie, trouve ses origines au XVIe siècle. Sa construction débute en 1570 sous l’impulsion d’Antoine de Prudhomme, membre d’une famille de marchands du Rouergue installée à Fons après la guerre de Cent Ans. Ce château, initialement entouré de trois tours, devient un symbole de résistance catholique pendant les guerres de Religion, la famille Prudhomme adhérant à la Ligue. Le site est encerclé par des possessions protestantes, ce qui en fait un point stratégique conflictuel.

Au XVIIe siècle, le château est le théâtre d’affrontements notables. En 1622, le duc de Sully et son fils assiègent le village, et Gilbert François de Cardaillac, seigneur local, y trouve la mort après avoir été capturé près des murs. Les troubles révolutionnaires marquent aussi son histoire : en 1791 et 1793, des attaques incendiaires et des destructions partielles (mâchicoulis, tours) sont perpétrées par des bandes venues de Figeac. Le dernier vicomte de Prudhomme, émigré, revient vers 1800 pour restaurer le château, avant que celui-ci ne passe à son neveu, le colonel Bertrand-Marie-Frédéric de Cornély.

Au XIXe siècle, le colonel de Cornély modernise profondément le domaine. Il détruit des bâtiments agricoles adjacents pour aménager, à partir de 1868, un parc romantique doté d’un étang, de lavoirs alimentés par une source chaude, et d’un nymphée. Un haras aux deux tours est également construit de l’autre côté de la route, servant plus tard de grange. Le château, inscrit aux monuments historiques en 1993 pour ses façades, toitures, et son système hydraulique, reste aujourd’hui une propriété privée, témoin des transformations architecturales et paysagères traversées depuis la Renaissance.

Avant le château, le site de Fons abritait un monastère fondé vers 972, devenu prieuré, puis possession royale sous Philippe le Bel en 1302. La seigneurie du Roc est attribuée à la famille de Prudhomme en 1384, après que Jean de Prudhomme, viguier royal à Figeac, en ait reçu la charge. Ce contexte historique ancien éclaire l’importance stratégique et symbolique du château, lié à une lignée de marchands devenus seigneurs locaux.

L’architecture du château reflète ses multiples époques : un corps de logis carré du XVIe siècle, flanqué de deux tours aux toitures refaites post-Révolution, et un ajout en retour d’équerre. Les dépendances, dont une grange-étable issue de l’ancien haras, ainsi que le parc avec son système hydraulique complexe (bassins, nymphée, étang), illustrent les aménagements du XIXe siècle. Ces éléments, protégés depuis 1993, soulignent la dualité entre fonction défensive originelle et vocation résidentielle ultérieure.

Liens externes

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