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Château du Rocher à Mézangers en Mayenne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style Renaissance

Château du Rocher

    Le Bourg
    53600 Mézangers
Propriété privée
Château du Rocher
Château du Rocher
Château du Rocher
Crédit photo : MontdErve - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1282
Première mention écrite
1446
Dotation de la chapelle
1535
Construction de la galerie Renaissance
1562
Refuge des trésors d’Évron
1728
Achat par Benoît Eynard
1963
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château du Rocher (cad. E 328) : classement par arrêté du 13 août 1963

Personnages clés

René de Bouillé - Seigneur et mécène Commanditaire de la galerie Renaissance (1535).
Benoît Eynard - Grand maître des Eaux et Forêts Rénovateur du château au XVIIIe siècle.
Éléonore de Bouillé - Duchesse du Lude (légende) Associée à la *Dame verte*, esprit errant.
François de Bouillé - Grand fauconnier de François Ier Membre influent de la famille propriétaire.
Abbé Angot - Historien local Source majeure sur l’histoire du château.

Origine et histoire

Le château du Rocher, situé à Mézangers en Mayenne, trouve ses origines au XIIIe siècle, avec des traces d’un château primitif antérieur au XIVe. Les premières mentions écrites datent de 1282 sous le nom de Rochier, évoluant en seigneurie du Rocher aux XIVe–XVe siècles. Le site, stratégiquement placé au bord d’un étang, était initialement une forteresse en granit, dotée de tours à toits pointus et de fenêtres étroites. Au XVe siècle, la famille Le Maire, puis les Bouillé, transforment le manoir en une résidence plus habitable, ajoutant des éléments défensifs comme des tours multiples à l’ouest et au nord.

Au XVIe siècle, sous l’impulsion de René de Bouillé, le château adopte un style Renaissance marqué. Une galerie de cinq arcades en anse de panier, attribuée à des artisans normands de Caen, relie l’ancien corps de logis du XIIIe siècle à la chapelle du XIVe. Cette galerie, ornée de sculptures délicates (chérubins, volutes, écussons), symbolise le faste artistique de l’époque. La chapelle, dédiée à Sainte Catherine et dotée en 1446, abrite une statue de la sainte datant du XVe siècle. Le château joue aussi un rôle refuge en 1562, protégeant les trésors de l’abbaye d’Évron lors d’une attaque protestante.

Le XVIIIe siècle marque une nouvelle phase de modernisation avec Benoît Eynard, grand maître des Eaux et Forêts. Il aménage des appartements dans l’aile nord, réorganise les jardins à la française, et déplace l’entrée principale pour mettre en valeur la façade centrale. Les greniers construits pour l’exploitation agricole témoignent de son souci de gestion domaniale. À la fin du XIXe siècle, le comte Horric de Beaucaire entreprend des restaurations, préservant ce patrimoine classé monument historique en 1963, entouré d’un parc de 44 hectares protégé depuis 1943.

La légende de la Dame verte associe le château à Éléonore de Bouillé, duchesse du Lude, dont l’esprit hanterait les lieux. Chasseresse impénitente, elle aurait profané la chapelle d’Étival-en-Charnie à cheval, condamnée à errer éternellement. Cette figure mystique illustre les croyances locales liées aux châteaux, souvent perçus comme des lieux de mémoire et de présages.

Les seigneurs du Rocher, dont les familles Le Maire, Bouillé, et Roquelaure, ont marqué son histoire. François de Bouillé, grand fauconnier de François Ier, ou Antoine Gaston de Roquelaure, maréchal de France, incarnent son prestige. La transmission du domaine, via mariages et ventes (comme celle à Benoît Eynard en 1728), reflète les stratégies nobiliaires des XVIIe–XVIIIe siècles. Aujourd’hui, le château appartient à la famille de Chavagnac, perpétuant son héritage architectural et historique.

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