Origine et histoire du Château du Roure
Le château du Roure, situé à Prévenchères en Lozère, est un édifice médiéval construit principalement aux XIe et XVe siècles. Il se compose d’un donjon carré datant de 1053, entouré de deux ailes formant un U, et domine les gorges du Chassezac. Bien que souvent décrit comme une ferme fortifiée, il conserve des éléments défensifs comme des archères et des canonières, ainsi qu’un vestibule voûté d’ogives.
L’histoire du château est étroitement liée à la famille de Beauvoir du Roure, qui en fut propriétaire dès le Xe siècle. En 987, un seigneur de Beauvoir épouse Gertrude du Roure et érige une première place forte, remplacée en 1052 par le donjon actuel. Les bâtiments annexes, rénovés au XVe siècle, reflètent l’évolution architecturale et familiale, le château restant dans cette lignée jusqu’à l’extinction de la branche directe en 1923 avec Marguerite Auguste Beauvoir de Grimoard du Roure.
Classé monument historique en 1975 et site naturel depuis 1945, le château illustre l’héritage féodal de la région. Ses éléments protégés incluent les façades, le vestibule, la grande salle sud et un escalier voûté. Le donjon, initialement couronné de mâchicoulis aujourd’hui disparus, témoigne des techniques militaires médiévales. Une tour ronde, effondrée, complétait autrefois sa défense.
La transmission du château suit une lignée ininterrompue, marquée par des alliances stratégiques, comme celle de Guillaume de Beauvoir du Roure avec Alix de la Garde en 1042, liant la famille aux Chevaliers Pariés de la Garde Guérin. Au XVIIIe siècle, les communs furent ajoutés à l’ouest du donjon. Le dernier propriétaire direct, Marguerite du Roure, épousa le comte de Chevry avant sa mort en 1923, clôturant près d’un millénaire de possession familiale.
Le château du Roure incarne aussi un patrimoine naturel, classé depuis 1945 pour son cadre exceptionnel surplombant les gorges du Chassezac. Son architecture mêle fonctions résidentielles et défensives, avec des salles voûtées et des ouvertures bouchées, comme une porte en plein cintre sur la façade ouest. Aujourd’hui, il reste un témoignage rare de l’histoire gévaudanaise, entre héritage seigneurial et adaptations architecturales.