Frise chronologique
1309
Passage aux Hospitaliers
Passage aux Hospitaliers
1309 (≈ 1309)
Site abandonné par les Templiers, repris par Saint-Jean de Jérusalem.
1350
Première mention du site
Première mention du site
1350 (≈ 1350)
Saint-Michel de Gignac attesté sous ce nom.
XIIIe siècle
Construction par les Templiers
Construction par les Templiers
XIIIe siècle (≈ 1350)
Château fort et chapelle édifiés comme commanderie.
1388
Siège de Raymond de Turenne
Siège de Raymond de Turenne
1388 (≈ 1388)
Destruction partielle, chapelle épargnée.
1874
Restauration de la chapelle
Restauration de la chapelle
1874 (≈ 1874)
Travaux sur l’édifice médiéval.
29 juillet 1977
Classement monument historique
Classement monument historique
29 juillet 1977 (≈ 1977)
Protection officielle de la chapelle et des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Umbert de Bioth - Commandeur templier |
Mentionné en 1173 comme responsable du site. |
| Ismidion de Gordolan - Commandeur templier |
Associé à la construction de la chapelle en 1202. |
| Raymond de Turenne - Seigneur des Baux |
A détruit les remparts en 1388, épargnant la chapelle. |
| Johan Bonnin - Abbé de Saint-Victor |
Allié contre Raymond de Turenne en 1396. |
| George de Marles - Commandant de la coalition |
Dirigea l’union contre Raymond de Turenne en 1396. |
Origine et histoire
Le site de Saint-Michel de Gignac, aujourd’hui sur la commune du Rove, est attesté depuis au moins 1350. À l’époque médiévale, il appartenait à la seigneurie de Marignane, s’étendant jusqu’à la mer. Les Templiers en firent au XIIIe siècle une commanderie militaire stratégique, contrôlant la plaine et les axes entre Marseille et Martigues. Ils y bâtirent un château fort en éperon, doté de remparts et de tours carrées, pour lutter contre les incursions sarrasines et les pillards. La chapelle, dédiée à Sainte-Marthe et Saint Michel, patron des Templiers, date de cette période, avec une nef unique et une abside pentagonale.
En 1309, après l’abandon par les Templiers, le site passa aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En 1388, Raymond de Turenne, de la famille des Baux, assiégea Saint-Michel, incendiant les habitations et rasant les défenses, épargnant seulement la chapelle. Ce conflit s’inscrivait dans les tensions politiques de la Provence du XIVe siècle, opposant les seigneurs locaux et les religieux, comme l’abbé Johan Bonnin de Saint-Victor, allié aux barons contre Raymond de Turenne.
Aujourd’hui, le site conserve la chapelle du XIIIe siècle, restaurée en 1874, ainsi que des vestiges des remparts, tours et une citerne. Classé monument historique en 1977, il est intégré au « site naturel de la côte bleue », protégé par le conservatoire du littoral et inclus dans le réseau Natura 2000. La chapelle, exemple d’architecture romane provençale avec des influences gothiques, abrite un portail à colonnettes et des chapiteaux sculptés, tandis que son intérieur révèle des voûtes ogivales et des consoles ornées, dont une représentant saint Michel.
Le mobilier de la chapelle a été dispersé dans les églises voisines de Gignac-la-Nerthe, Le Rove et Ensuès-la-Redonne. Le clocheton, ajouté à la fin du XVe siècle, et les créneaux encore visibles sur la façade nord témoignent de son passé d’église fortifiée. Le site illustre ainsi l’héritage des ordres militaires médiévaux en Provence, entre défense territoriale et vie religieuse, dans un paysage littoral aujourd’hui préservé.