Origine et histoire du Château du Sauvement
Le château du Sauvement, ancien château fort dont l'origine remonte au XIIIe siècle, se dresse à flanc de pente à Ciry-le-Noble, en Saône-et-Loire. Au Moyen Âge, il fut le chef-lieu de l'une des six châtellenies du comté de Charolais. L'édifice fait l'objet d'une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 27 mai 1991. Au XVe siècle, le château primitif fut rasé sur ordre de Louis XI. Au XVIe siècle, Palamède Gonthier, secrétaire de François Ier, transforma le logis, qui prit alors le nom de Château Gonthier. En 1676 la propriété revint aux descendants puis à Antoine-Bernard Gagne ; en 1766 Jeanne-Claude-Bernardine Gagne de Perrigny l'apporta en dot à Louis-Barnabé de Beaudéan de Parabère, et leurs héritiers la cédèrent en 1786 à Emiland Quarré de Champvigy. Pendant la Révolution, en 1791, la famille Quarré vendit le domaine à Louis Sauvage de Saint-Marc ; son fils Louis-Marie Sauvage du Sauvement le légua à sa fille Caroline, qui l'apporta en dot à Gustave de Regnauld de Bellescize. Par successions, le château passa ensuite aux familles Regnauld de Bellescize, Salmon de Loiray et Arminjon, qui en sont toujours propriétaires au XXIe siècle. La démolition du château primitif laissa une chapelle, attestée sur des plans du XVIIIe siècle, et quelques pans de murs dont un subsiste. La construction actuelle résulte de l'aménagement, au XVIe siècle, du logis des gens d'armes implanté sur une butte voisine. Des logis de hauteurs variées, couverts de tuiles plates à deux versants, entourent sur trois côtés une cour intérieure ; au centre du quatrième côté s'élève une haute tour-porche percée au rez-de-chaussée d'une porte charretière et d'une porte piétonne en plein cintre, surmontées des fentes pour les balanciers du pont-levis et d'une passerelle, et coiffées de deux échauguettes sur consoles. Des bandeaux en bossage vermiculé marquent les différents niveaux, et des pilastres en bossage rustique encadrent la façade et séparent les portes du rez-de-chaussée. Deux petites tours rondes flanquent les angles extérieurs de l'aile nord ; une troisième tour circulaire, qui défendait l'angle sud-est, a disparu à la fin du XIXe siècle. Une grosse tour carrée à base talutée occupe l'angle sud-ouest ; au nord elle est dotée d'une échauguette percée d'une archère-canonnière et, vers la cour, elle est accostée d'une tour d'escalier à sept pans surmontée d'une flèche torse, elle-même accompagnée d'une tourelle en surplomb portée par un culot conique mouluré. Tour et tourelle sont percées de baies à linteau en accolade. Les fossés qui entouraient le château au nord et à l'est ont été comblés ; au sud, une terrasse est flanquée d'un pigeonnier carré bordé d'une charmille taillée en arcade. Le château est une propriété privée et ne se visite pas. Les armoiries associées aux familles qui se sont succédé sont, pour Gagne de Perrigny, d'azur à trois molettes d'éperon colletées d'or ; pour Beaudéan de Parabère, écartelé avec, aux 1 et 4, d'or au pin de sinople (Baudéan) et, aux 2 et 3, d'argent à deux ours rampants affrontés de sable (Parabère) ; pour Regnauld de Bellescize, de gueules à la fasce d'argent accompagnée de deux losanges d'or en chef et en pointe ; pour Salmon de Loiray, d'azur au chevron d'or accompagné de trois têtes de lion arrachées du même, lampassées de gueules ; et pour Arminjon, d'azur aux mains gantées d'or mouvant du flanc senestre et tenant un arc bandé et fléché du même.