Patrimoine classé
Le château (cad. C 522) et ses communs et dépendances (cad. C 520, 342, 343) , en totalité : classement par arrêté du 8 décembre 2003 ; Château du Sendat : en totalité les jardins, parcs, allées et perspectives composant le domaine rapproché du château ainsi que le système hydraulique alimentant le château et le domaine rapproché, fontaine de la Maronde au nord et, au sud, le site de captage du Catic avec l'aqueduc souterrain qui traverse les parcelles forestières et alimente le réservoir du château, tel que délimités par un liseré rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. B 515 à 519, 521, 523, 524, 526, 529, 313, 341, 344, 345, 548, 549 ; C 138, 142, 144, 148, 290, 291, 299, 300, 359) : inscription par arrêté du 30 juin 2016
Personnages clés
| Poton de Xaintrailles - Compagnon de Jeanne d’Arc |
S’y arrêta en 1429. |
| Blaise de Monluc - Maréchal protestant |
Séjourna au château en 1561. |
| Jean-Charles de Montesquiou - Baron du Sendat |
Condamné pour meurtre en 1622. |
| François de Morin - Gouverneur d’Albret |
Acquiert le château en 1628. |
| Henri-Léon Edmond de Morin - Baron et mécène |
Commanditaire de la restauration (1851-1867). |
| Félix Duban - Architecte |
Auteur de la transformation néo-gothique. |
Origine et histoire
Le château du Sendat, implanté sur la commune de La Réunion (Lot-et-Garonne, Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines dans une maison-forte attestée dès la fin du XIe siècle. L’édifice actuel, construit au XIIIe siècle, fut largement reconstruit au XVIIe siècle avant d’être profondément transformé entre 1851 et 1867 par l’architecte Félix Duban pour le baron Henri-Léon Edmond de Morin. Ce dernier, héritier d’une lignée protestante installée en Guyenne depuis le XVIe siècle, modernisa le château grâce à la fortune de son épouse, intégrant des éléments néo-gothiques tout en conservant la structure médiévale.
Le domaine fut un lieu de passage historique : Poton de Xaintrailles et La Hire s’y arrêtèrent en route pour rejoindre Jeanne d’Arc (1429), et Blaise de Monluc y séjourna en 1561. Sous l’Ancien Régime, le Sendat était une cure du diocèse de Condom, incluant les annexes de Notre-Dame de Couthures et Saint-Martin de Miraunes. La Révolution supprima l’église locale en 1792, avant qu’elle ne devienne une succursale en 1803. Le territoire actuel de la commune de La Réunion regroupe les anciennes paroisses du Sendat, Couthures, Beyrac et Loupiac.
Trois familles marquèrent l’histoire du château : les Montlezun (jusqu’au XVIIe siècle), les Montesquiou (dont Jean-Charles, condamné pour le meurtre d’un capitaine protestant en 1622), puis les Morin, qui en furent propriétaires de 1628 à 1923. François de Morin, gouverneur d’Albret, y reçut le duc de Bouillon et Turenne en 1660. Au XIXe siècle, Henri-Léon Edmond de Morin confia à Félix Duban une restauration ambitieuse : surélévation des ailes, ajout de mâchicoulis, création d’une chapelle et d’une bibliothèque, et réaménagement des intérieurs avec des artisans parisiens comme Debay ou Fourdinois. Les travaux, perturbés par les chantiers du Louvre et de l’hôtel Galliera, s’achevèrent vers 1867.
Le château, classé Monument Historique en 2003, conserve des vestiges médiévaux (tours circulaires, cour intérieure) et des décors du XIXe siècle. Ses jardins, parcs et systèmes hydrauliques (dont un aqueduc souterrain alimentant un réservoir) furent inscrits en 2016. Après la vente par la famille Morin en 1923, le domaine passa entre les mains de la famille Maubourguet-Lemoîne, liée au journal Sud Ouest. Aujourd’hui propriété privée, il illustre l’évolution architecturale d’une forteresse en résidence aristocratique, marquée par les conflits religieux et les transformations romantiques.