Frise chronologique
1262
Occupation par Bertrand de Lézergues
Occupation par Bertrand de Lézergues
1262 (≈ 1262)
Bastide des Valgoudou occupée.
milieu du XIIIe siècle
Construction de la tour carrée
Construction de la tour carrée
milieu du XIIIe siècle (≈ 1350)
Par Bernard de Valgoudou, chevalier.
début XIVe siècle
Ajout du logis et de l’enceinte
Ajout du logis et de l’enceinte
début XIVe siècle (≈ 1404)
Archères cruciformes et chapelle construites.
1437
Confiscation par l’évêque
Confiscation par l’évêque
1437 (≈ 1437)
Jean du Puy s’empare du château.
XIVe siècle
Ajout du logis et chapelle
Ajout du logis et chapelle
XIVe siècle (≈ 1450)
Archères cruciformes et enceinte construite.
fin XVe siècle
Restauration post-guerre de Cent Ans
Restauration post-guerre de Cent Ans
fin XVe siècle (≈ 1595)
Par Jean du Tilhet, seigneur.
1790–1791
Pillage et vente comme bien national
Pillage et vente comme bien national
1790–1791 (≈ 1791)
Donjon détruit, pierres réutilisées comme carrière.
1790-1791
Pillage et vente révolutionnaire
Pillage et vente révolutionnaire
1790-1791 (≈ 1791)
Bien national, donjon détruit.
1970
Rachat et début des restaurations
Rachat et début des restaurations
1970 (≈ 1970)
Par Pierre Ledoux, légataire à la Fondation de France.
15 mars 1973
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
15 mars 1973 (≈ 1973)
Protection des façades et toitures restantes.
1973
Classement monument historique
Classement monument historique
1973 (≈ 1973)
Inscrit le 15 mars 1973.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. A 724) : inscription par arrêté du 15 mars 1973
Personnages clés
| Bernard de Valgoudou - Chevalier et fondateur |
Constructeur de la tour (XIIIe). |
| Bertrand de Lézergues - Occupant rival |
Envahi la bastide en 1262 avec ses frères. |
| Pierre de Valgoudou - Seigneur et bayle |
Propriétaire en 1389. |
| Jean du Tilhet - Seigneur restaurateur |
Rénove le château (XVe). |
| Jean Lefranc de Caïx - Propriétaire au XVIIIe |
Président des Aides de Montauban. |
| Pierre Ledoux - Mécène moderne |
Rachète et restaure le château (1970–2005). |
| Bertrand de Valgoudou - Seigneur du Théron |
Mentionné en 1262 et 1313. |
| Louis-Antoine Vidal de La Pize - Dernier seigneur avant Révolution |
Bien saisi en 1790. |
Origine et histoire
Le château du Théron, situé à Prayssac dans le Lot, trouve ses origines au XIIIe siècle avec la construction d’une tour carrée par Bernard de Valgoudou, chevalier lié au castrum de Puy-l’Évêque. Ce dernier rend hommage en 1200 à l’évêque de Cahors pour ses terres. En 1262, la bastide est occupée par Bertrand de Lézergues, avant que Bernard de Valgoudou ne confirme son allégeance pour le Théron vers 1280. La famille Valgoudou, dont les membres occupent des charges comme bayle (représentant seigneurial), conserve le site jusqu’au milieu du XVe siècle, marqué par le mariage de Séguine de Valgoudou avec Arnal Bénech en 1454.
Au XIVe siècle, le château s’enrichit d’un logis doté d’archères cruciformes et d’une chapelle, tandis qu’une enceinte est érigée. Ces fortifications sont renforcées au XVe siècle par quatre tours rondes (dont deux subsistent), hautes de 10 à 12 mètres. En 1437, l’évêque Jean du Puy confisque le château à Lenoir de Lézergues, avant de le céder à Béral de Burbuzon, dont la fille Saure épouse Jean du Tilhet. Ce dernier, seigneur de La Croze et du Théron en 1491, restaure le château après la guerre de Cent Ans, ajoutant des éléments défensifs comme des canonnières. Les du Tilhet conservent le domaine jusqu’au XVIe siècle.
Le château change plusieurs fois de mains aux XVIIe–XVIIIe siècles : acquis en 1761 par Jean Lefranc de Caïx, président aux Aides de Montauban, il passe à son neveu Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, puis à Louis-Antoine Vidal de La Pize. Sous la Révolution, le château est vendu comme bien national, pillé (1790–1791), et partiellement démantelé pour servir de carrière de pierres. Le donjon est détruit, ne laissant que des vestiges des logis et des tours. Classé Monument Historique en 1973, il est racheté en 1970 par Pierre Ledoux, qui entreprend sa restauration avant de le léguer à la Fondation de France à sa mort en 2005.
L’architecture du Théron reflète son évolution défensive : un plan irrégulier épousant le rocher, des moellons soigneusement assisés pour les parties anciennes (XIIIe–XIVe siècles), et des ajouts tardifs comme les mâchicoulis de la tour nord-ouest. Les archères cruciformes et les fenêtres géminées condamnées illustrent les adaptations militaires et résidentielles. Malgré la disparition du donjon et de parties des remparts, les deux tours rondes et les corps de logis sud témoignent de son importance stratégique en Quercy.
Le site domine la vallée de Fontcuberte, à 2 km au sud de Prayssac, entre les méandres du Lot. Son polygone irrégulier (50 m sur 36 m) et ses vestiges — logis est aux chaînes d’angle marquées, tour sud-ouest dotée de canonnières (vers 1500) — en font un exemple caractéristique des châteaux forts quercynois. Les sources archivistiques (dénombrement de 1504, procès médiévaux) et les études récentes (Lartigaut, d’Alauzier) éclairent son rôle dans les conflits locaux et la hiérarchie féodale, entre les familles Valgoudou, les évêques de Cahors, et les seigneurs de Luzech.