Origine et histoire du Château du Tremblay-sur-Mauldre
Le château du Tremblay-sur-Mauldre fut construit dans la première moitié du XVIIe siècle par l’architecte François Mansart pour la famille Le Clerc du Tremblay, seigneurs locaux depuis le XVe siècle. Ce château est indissociable de François Le Clerc du Tremblay, surnommé « le Père Joseph » ou « l’Éminence grise », conseiller proche du cardinal de Richelieu. Le domaine, transmis par héritage aux familles d’Angennes, de Saint-Georges de Vérac puis de Rougé, fut profondément transformé au début du XXe siècle.
En 1910, le comte et la comtesse Robert de Vogüé, héritière des Sommier (propriétaires de Vaux-le-Vicomte), acquièrent le château et entreprennent d’importants travaux de restauration. Les façades sont reprises, les chaînages et encadrements des ouvertures restitués, et le parc à l’anglaise est redessiné à la française, s’inspirant des méthodes appliquées à Vaux-le-Vicomte. Après la Seconde Guerre mondiale, le château change plusieurs fois de mains : propriété de la ville de Neuilly-sur-Seine dans les années 1950, il devient un golf dans les années 1980, puis un centre de séminaires et hôtel (Chateauform) depuis 2010.
Classé Monument Historique en 1979 pour ses façades et toitures, puis en 1991 pour ses intérieurs et son parc, le château incarne l’héritage architectural de Mansart et l’influence des grandes familles aristocratiques. Son parc, ses dépendances et son pavillon de musique témoignent d’une histoire mêlant pouvoir politique, art et transformations paysagères. Le domaine abrite aujourd’hui un golf réputé, perpétuant son rayonnement dans les Yvelines.
Le château est aussi lié à des figures culturelles majeures du XXe siècle. Pablo Picasso y résida en 1936, installant son atelier dans une vieille ferme du domaine proposée par Ambroise Vollard, célèbre marchand d’art. Blaise Cendrars, écrivain suisse naturalisé français, y posséda une « maison des champs » offerte par sa compagne, Raymone Duchâteau. Pillée pendant la guerre, cette résidence symbolise l’attachement des artistes à ce lieu, où Cendrars est aujourd’hui inhumé.
La paternité de la conception du château, longtemps discutée, a été récemment attribuée avec certitude à François Mansart, confirmant son importance dans l’histoire de l’architecture classique française. Les protections successives (classements et inscriptions) soulignent la valeur patrimoniale exceptionnelle de ce site, à la fois témoin de l’histoire politique, artistique et sociale de l’Île-de-France.