Origine et histoire
Le château du Vert-Bois, situé à Bondues dans le département du Nord, trouve ses origines en 1602 avec le mariage d’André de Fourmestraux de Wazières et Jeanne Deliot. Leur fils, Jean-André, fait construire le premier château en 1660 après avoir épousé Marie de Kessel, fille du constructeur du château de Wattignies. Les bâtiments extérieurs actuels (conciergerie et pigeonnier) datent de cette époque. Ce domaine, transmis par héritage, reste dans la famille de Wazières jusqu’au milieu du XIXe siècle.
En 1743, le petit-fils de Jean-André, également nommé Jean-André, érige le bâtiment principal de style classique français, entouré de douves et de quatre pavillons (Pavillon de Flore, Chapelle, Pavillons Chinois). Ce château, typique des folies de l’époque, devient un symbole de prestige pour la famille. La propriété reste entre les mains des descendants jusqu’en 1876, malgré des péripéties financières et familiales marquées par des décès précoces et des tutelles.
Au XIXe siècle, la famille de Wazières traverse une crise successionnelle. En 1853, le comte Louis de Wazières (CL1) décède, laissant le château à son fils, le comte Louis de Wazières (CL2), qui meurt trois ans plus tard. Ses deux jeunes fils, Gaston (9 ans) et Camille (7 ans), se retrouvent orphelins et placés sous tutelle en 1861. Leur tuteur autorise Louis Duchochois, ancien avoué, à louer les terres du domaine. Gaston, majeur en 1869, s’endette lourdement auprès du fermier Eugène Devemy en jouant son héritage.
En 1876, contraint par ses dettes, Gaston de Wazières vend le château et ses 60 hectares à Eugène Devemy, fermier et créancier. Trois ans plus tard, Devemy marie sa fille Marthe à Albert Félix Prouvost, fils du grand industriel lainier Amédée Prouvost, intégrant ainsi le domaine à une dynastie industrielle. De 1939 à 1945, le château est restauré pour en faire une résidence familiale, rôle qu’il conserve encore aujourd’hui sous la propriété des descendants Prouvost.
Le château du Vert-Bois est inscrit aux monuments historiques depuis le 17 décembre 1962. Son parc, orné de sculptures d’artistes comme Jean de Bologne ou Eugène Dodeigne, et son intérieur riche en collections du XVIIIe siècle (peintures, mobilier, orfèvrerie) en font un témoignage architectural et artistique majeur des Hauts-de-France. Le domaine abrite également un village artisanal et des restaurants, perpétuant son ancrage local.