Patrimoine classé
Plafonds peints des chambres du premier étage (cad. E 245) : classement par arrêté du 19 septembre 1991 ; Les parties non classées, en totalité, du château et l'ensemble du domaine, parties bâties et non bâties, avec les communs, l'ancienne église et les vestiges de l'ancien bourg d'en Haut, le potager et ses aménagements, le vivier et ses dépendances, le pont et l'ensemble du grand parc avec le pavillon de chasse, la glacière et les vestiges des anciennes fabriques du château de Buzet, figurant au cadastre section E, parcelles n° 243, 244, 245, 555, 556, 562, 450 : inscription par arrêté du 11 mai 2015
Personnages clés
| Sanche de Gascogne - Comte de Gascogne (1009-1032) |
Fondateur du *castellum* de Buzet. |
| Bérard d’Albret - Seigneur de Sainte-Bazeille |
Unifie la seigneurie en 1385. |
| Antoine de Grossolles - Seigneur de Buzet (XVIe siècle) |
Transforme le château en résidence principale. |
| Agésilas-Joseph de Grossolles - Dernier seigneur résident (XVIIIe siècle) |
Crée le parc et démolit le bourg. |
| Alfred de Noailles - Propriétaire (XIXe siècle) |
Modernise le domaine et développe le vin. |
| Charles IX - Roi de France |
Visite le château en 1565. |
Origine et histoire
Le château de Buzet-sur-Baïse trouve ses origines au XIe siècle, lorsque Sanche de Gascogne (1009-1032) fortifia une demeure existante pour en faire un castellum, mentionné dans une charte comme un domaine avec église, métairies et terres. Ce site stratégique, situé près de la frontière franco-anglaise, fut partagé entre deux co-seigneurs au XIIIe siècle, les familles Rovignan et Piis, avant d’être pillé et incendié en 1293-1294 par des soldats anglais, un événement déclencheur de la Guerre de Guyenne. Les vestiges les plus anciens du château actuel remontent à cette reconstruction de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle.
Au XIVe siècle, Bérard d’Albret racheta la seigneurie en 1385, unifiant ainsi le pouvoir seigneurial et mettant fin à la coexistence des deux châteaux. Le site, épargné par les conflits majeurs de la guerre de Cent Ans malgré sa position frontalière, passa aux mains des Noaillan au XVe siècle, puis des Grossolles au XVIe siècle. Ces derniers, notamment Antoine de Grossolles, firent du château leur résidence principale et entreprirent d’importants travaux, comme l’ajout d’une tour octogonale abritant un escalier à vis et des plafonds peints ornés de symboles inspirés de l’érudit italien Andrea Alciat.
Le XVIIe siècle marqua un tournant avec la mort d’Antoine Agésilas de Grossolles en 1652, dernier seigneur résident actif, laissant le château progressivement vide jusqu’aux rénovations des années 1760-1780. Agésilas-Joseph de Grossolles transforma alors le bourg castral médiéval en un parc « anglo-chinois », démolissant maisons et murailles pour créer des allées, une orangeraie, et des fabriques exotiques comme une pagode, avec l’aide d’artisans parisiens renommés. La Révolution française épargna le château grâce à un débat procédural sur sa classification, mais le parc fut négligé après la mort d’Alfred de Noailles en 1895.
Au XXe siècle, le château connut un déclin accéléré : pillé pendant la Seconde Guerre mondiale par des troupes allemandes, puis abandonné par les propriétaires italiens Kröss, il subit un incendie criminel en 1969 détruisant une aile. Sauvé in extremis par des habitants en 1972, il fut partiellement restauré avant d’être acquis en 2018 par la Cave des vignerons de Buzet. Aujourd’hui, il conserve des éléments classés comme les plafonds peints du XVIIe siècle et la tour ronde du parc, témoins de son passé seigneurial et architectural.
L’ancienne église paroissiale, datée des XIIIe et XVIe siècles, fut transformée en chapelle privée par Alfred de Noailles après l’effondrement de sa nef en 1849. Son clocher-porche et son chevet polygonal, ornés de détails comme une salamandre sculptée, évoquent les liens avec la famille Grossolles de Flamarens. Le parc, autrefois cœur d’un bourg médiéval de trente familles, ne conserve que des ruines et le pavillon de la chaumière, dernier vestige des aménagements du XVIIIe siècle.