Patrimoine classé
L'assiette archéologique des anciens château et " ville close ", y compris leurs douves et les bâtis antérieurs au XVIIIe siècle (cad. AB 42 - château, 43 à 46, 52 à 54, 56, 58, 61 - garennes sous rempart sud, 62 à 71, 73 : ruines du logis, 74 à 78, 82 - prieuré, 134, 135, 136 - écuries XIXe siècle, 137 à 175, 186, 195 - château 17e-XIXe siècle, 196 ; AD 25, 26, 455 à 463, 518 à 521, 526, 734, 735, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 16 juin 2009
Personnages clés
| Grégoire de Tours - Historien mérovingien |
Mentionne le *castrum* au VIe siècle. |
| Renaud de Thuringe - Vicomte d’Anjou |
Constructeur de la forteresse (Xe siècle). |
| Thibaud Crespin - Seigneur de Champtoceaux |
Rebelle à Louis VIII, exilé en 1224. |
| Jean V de Bretagne - Duc de Bretagne |
Prisonnier en 1420, ordonne la destruction. |
| Marguerite de Clisson - Comtesse de Penthièvre |
Instigatrice de l’emprisonnement du duc. |
| William Turner - Peintre anglais |
Représente les ruines en 1826. |
Origine et histoire
Le château et la ville close de Champtoceaux, situés en Maine-et-Loire, trouvent leurs origines dès le Néolithique, avec des traces d’occupation romaine et la mention d’un castrum par Grégoire de Tours au VIe siècle. Au Xe siècle, la forteresse devient un enjeu stratégique à la frontière des ducs de Bretagne, des comtes d’Anjou et du Poitou. Construite malgré l’opposition du comte de Nantes, elle passe entre les mains de familles nobles comme les Crespin, liés aux Plantagenêts, et subit neuf sièges entre le XIIe et XVe siècle. Son histoire est marquée par les conflits entre Capétiens, Anglais et Bretons, notamment lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), où elle change plusieurs fois de camp.
En 1420, Jean V de Bretagne est emprisonné à Champtoceaux par la famille de Penthièvre, alliée au Dauphin (futur Charles VII), dans le cadre d’un complot pour s’emparer du duché. Libéré après un siège de deux mois, il ordonne la destruction totale de la ville et de sa forteresse, interdisant toute réoccupation. Les ruines, abandonnées, deviennent un sujet d’étude au XIXe siècle et inspirent des artistes comme William Turner en 1826. Le site, partiellement classé en 2009, conserve aujourd’hui les vestiges d’une ville close médiévale de 20 hectares, avec remparts, tours et fossés, ainsi que les fondations d’un donjon et d’une chapelle castrale.
L’ensemble fortifié se composait de trois enclos : le bourg castral (9,5 ha), la basse-cour (1,2 ha) et le château (1,33 ha), protégés par 2 300 mètres de murailles et 14 tours. Le site, bordé par la Loire au nord et le ruisseau du Voinard au sud, bénéficiait de défenses naturelles avec des escarpements de 70 mètres. Après sa destruction, une nouvelle ville se développe à l’est des ruines, tandis que l’ancien site reste désert. Au XIXe siècle, un château néo-gothique (la Colinière) est construit près des vestiges, et le Moulin-Pendu, édifié au XIIIe siècle sur la Loire, est classé depuis 1975.
Les fouilles et études historiques révèlent une occupation continue depuis le Néolithique, avec des phases romaines, mérovingiennes (évêché éphémère au VIe siècle) et médiévales. La forteresse, souvent reconstruite après ses destructions, joue un rôle clé dans les luttes d’influence entre la France, l’Angleterre et la Bretagne. Son abandon en 1420 en fait un témoignage unique de l’architecture militaire médiévale, préservé de toute reconstruction ultérieure. Aujourd’hui, le site est un lieu de promenade et un objet d’études archéologiques, offrant un aperçu rare d’une ville fortifiée figée dans son état de destruction.
Parmi les personnages marquants liés à Champtoceaux, on compte Jean V de Bretagne, prisonnier en 1420, ou Olivier de Clisson, qui acquiert la citadelle en 1390. Les Crespin, seigneurs du XIIe au XIIIe siècle, illustrent les alliances changeantes entre Anjou et Bretagne, tandis que Marguerite de Clisson, instigatrice de l’emprisonnement du duc, incarne les rivalités familiales de la guerre de Succession. Les ruines, étudiées depuis le XIXe siècle, restent un symbole des conflits féodaux et de la puissance des ducs de Bretagne.