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Château Fadaise à Nîmes dans le Gard

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château Fadaise

    12 Rue de la Porte-de-France30000 Nîmes
Propriété privée
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Château Fadaise
Crédit photo : Finoskov - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1682
Construction de l’hôtel particulier
XVIIIe siècle
Apparition du surnom « Fadaise »
XIXe siècle
Modifications intérieures
1964
Inscription aux monuments historiques
Années 1970
Menace de destruction évitée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade sur rue et toiture correspondante (cad. F 688, 689, 690p) : inscription par arrêté du 27 février 1964

Personnages clés

Pierre de Serres - Seigneur de Saint-Côme Commanditaire de la construction en 1682.
Gabriel Dardailhon - Architecte présumé Auteur probable des plans du bâtiment.
Propriétaires anonymes (XVIIIe-XIXe) - Famille noble ou bourgeoise Modifièrent partiellement l’intérieur du château.
Ministère de la Culture (1964) - Institution protectrice Classe le bâtiment comme monument historique.

Origine et histoire du Château Fadaise

Le Château Fadaise est un hôtel particulier édifié en 1682 à Nîmes, probablement sous la direction de l’architecte Gabriel Dardailhon. Commandé par Pierre de Serres, seigneur de Saint-Côme, ce bâtiment incarne l’ambition aristocratique de l’époque, mêlant influences classiques et audace architecturale. À la fin du XVIIe siècle, Nîmes connaît un renouveau urbain après les guerres de Religion, avec une élite locale désirant afficher son prestige.

Le faubourg où s’élève le Château Fadaise, alors semi-rural, contraste avec les constructions monumentales habituellement réservées aux axes prestigieux, comme les nouvelles promenades de la ville. L’édifice se distingue par sa façade asymétrique, ses tours carrées et son péristyle à colonnes corinthiennes, inspirées de la Maison Carrée. Ces éléments, rares dans l’architecture civile nîmoise, évoquent une volonté de rivaliser avec les modèles antiques, tout en intégrant des innovations baroques comme la balustrade ou les lions sculptés.

Le surnom « Fadaise », apparu au XVIIIe siècle, reflète l’étonnement qu’il suscitait, entre admiration pour sa beauté féerique (fadaise signifiant alors « chose merveilleuse ») et moquerie pour son côté démesuré dans un quartier modeste. Les jardins environnants, aujourd’hui disparus, accentuaient cette impression d’isolement majestueux. Au XIXe siècle, l’hôtel particulier change plusieurs fois de propriétaires et subit des modifications intérieures, mais sa structure extérieure reste préservée.

Son inscription aux monuments historiques en 1964 consacre sa valeur patrimoniale, bien qu’il reste peu accessible au public. Aujourd’hui, il symbolise le mélange unique entre héritage romain, baroque français et excentricité locale. La grille en fer forgé et les décors de rinceaux, typiques du Grand Siècle, rappellent l’influence des artisans languedociens formés aux techniques italiennes.

Ces détails, associés à la terrasse soutenue par des colonnes, font du Château Fadaise un témoignage rare de l’adaptation des codes aristocratiques provinciaux. Contrairement aux châteaux fortifiés ou aux demeures urbaines classiques, cet édifice illustre une période charnière où Nîmes, ville romaine par excellence, se réinvente sous l’Ancien Régime. Son état de conservation actuel, bien que fragile, permet d’étudier les techniques de construction et les matériaux utilisés au XVIIe siècle.

Les archives mentionnent peu son usage initial, mais il servit probablement de résidence d’été pour la noblesse locale. Les pavillons latéraux, aujourd’hui partiellement modifiés, abritaient peut-être des dépendances ou des espaces de réception, reflétant le mode de vie des élites nîmoises. La comparaison avec d’autres hôtels particuliers du Languedoc, comme l’Hôtel de Villemarie à Montpellier, révèle une volonté commune de marquer le territoire par l’architecture.

Pourtant, le Château Fadaise se singularise par son isolement géographique et son style hybride, entre classicisme et fantaisie. Son classement en 1964 a évité sa destruction lors des rénovations urbaines des années 1970. Aujourd’hui, il attire les passionnés d’histoire et d’architecture, bien que son accès reste limité.

Des associations locales militent pour sa restauration et une meilleure mise en valeur, soulignant son rôle dans le patrimoine nîmois.

Liens externes

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