Frise chronologique
vers 1170
Construction du château
Construction du château
vers 1170 (≈ 1170)
Bâti par les comtes de Nevers
1199
Révolte d'Hervé de Donzy
Révolte d'Hervé de Donzy
1199 (≈ 1199)
Pierre de Courtenay prisonnier, cession partielle
1216
Offre de la couronne de Constantinople
Offre de la couronne de Constantinople
1216 (≈ 1216)
Pierre de Courtenay couronné empereur
15 août 1223
Charte d'affranchissement d'Auxerre
Charte d'affranchissement d'Auxerre
15 août 1223 (≈ 1223)
Signée par Mathilde de Courtenay
1378-1384
Rénovations sous Marguerite de Flandre
Rénovations sous Marguerite de Flandre
1378-1384 (≈ 1381)
Renforcement des défenses bourguignonnes
10 mars 1924
Classement monument historique
Classement monument historique
10 mars 1924 (≈ 1924)
Protection des ruines du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) : classement par décret du 10 mars 1924
Personnages clés
| Pierre II de Courtenay - Comte de Nevers, empereur de Constantinople |
Résida à Druyes, couronné en 1217 |
| Mathilde de Courtenay - Comtesse de Nevers, Auxerre et Tonnerre |
Signa la charte d'Auxerre en 1223 |
| Hervé de Donzy - Seigneur rebelle et gendre de Pierre |
Obtint le comté de Nevers en 1199 |
| Marguerite de Flandre - Comtesse de Nevers, duchesse de Bourgogne |
Finança des réparations (1378-1384) |
| François de Damas - Marquis d'Anlezy, dernier propriétaire noble |
Vendit le château en 1738 |
| Louis-Jules Mancini-Mazarini - Duc de Nivernais |
Vendit la châtellenie de Druyes en 1738 |
Origine et histoire
Le château de Druyes est un ancien château fort du XIIe siècle, aujourd’hui en ruines, situé à Druyes-les-Belles-Fontaines dans l’Yonne, en Bourgogne-Franche-Comté. Construit vers 1170 par les comtes de Nevers, il servit de résidence princière et de forteresse jusqu’au XVIIIe siècle. Son architecture philippienne, avec des tours circulaires et un plan carré de 53 mètres de côté, reflète les innovations défensives de l’époque de Philippe Auguste. Le site, classé monument historique en 1924, fut sauvé de la ruine au XXe siècle par des bénévoles et des pouvoirs publics.
À l’origine, le château appartenait aux comtes de Nevers, dont Pierre II de Courtenay, futur empereur de Constantinople, et sa fille Mathilde, comtesse de Nevers, Auxerre et Tonnerre. Au XIIIe siècle, il devint un lieu de pouvoir où furent signées des chartes d’affranchissement, comme celle d’Auxerre en 1223. Après des siècles d’abandon et de déclin militaire, il échappa à la démolition révolutionnaire mais souffrit de trois siècles de négligence. Sa restauration débuta en 1958 grâce à la mobilisation locale, et il est aujourd’hui ouvert au public.
Le château se dresse sur un plateau calcaire dominant une vallée, entouré d’un village fortifié qui en constituait la première ligne de défense. Son enceinte, flanquée de quatre tours cylindriques et de trois tours carrées, illustre une innovation majeure : les tours déportées vers l’extérieur pour améliorer la défense des murs. La tour nord, haute de 20 mètres, servait d’entrée fortifiée avec herse et assommoirs. Le logis seigneurial, aujourd’hui disparu, abritait une salle d’apparat éclairée par une galerie romane, tandis que la chapelle, ornée de fresques, occupait une tour carrée.
Druyes fut aussi le théâtre d’événements historiques marquants, comme la réception en 1216 de barons proposant à Pierre de Courtenay la couronne de l’Empire latin de Constantinople. Après sa mort en 1219, sa fille Mathilde y confirma des privilèges urbains et y reçut des hommages féodaux. Le château perdit son rôle résidentiel au XVIIe siècle, passant entre les mains de familles nobles comme les Damas, avant d’être vendu comme bien national en 1795. Sauvé in extremis de la démolition, il fut acquis par des propriétaires privés au XXe siècle, qui engagèrent sa restauration.
L’architecture de Druyes se distingue par l’absence de donjon traditionnel : les fonctions défensives et résidentielles étaient dissociées, avec un logis palatial adossé à la courtine sud. Les courtines, épaisses de 2 mètres et hautes jusqu’à 10 mètres, étaient surmontées de chemins de ronde crénelés. Les tours d’angle, déportées pour éviter les angles morts, permettaient un flanquement optimal. La tour nord, transformée en beffroi au XVIIIe siècle, abrite encore une horloge et une cloche offerte par les villageois. Ces caractéristiques en font un témoin rare de l’évolution des châteaux forts entre XIIe et XVIIIe siècles.