Origine et histoire du Château fort de Lourdes
Le château fort de Lourdes est une fortification médiévale édifiée sur un promontoire rocheux dominant la ville de Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées (Occitanie). Sa position stratégique, à l’entrée des sept vallées du Lavedan, en fit un site défensif majeur dès l’époque romaine, comme en témoignent les vestiges antiques découverts (fragments de sculptures, autels votifs, murs). Ces traces, partiellement détruites au XIXe siècle lors de travaux militaires, confirment son occupation ancienne, bien que les fondations actuelles remontent surtout aux XIe–XIIe siècles, période où le château servit de résidence aux comtes de Bigorre.
Au fil des siècles, le château changea plusieurs fois de mains : passé aux comtes de Champagne (rois de Navarre) au XIIe siècle, il intégra ensuite le domaine royal français sous Philippe le Bel, avant d’être cédé aux Anglais par le traité de Brétigny (1360). Repris par la France au début du XVe siècle après deux sièges, il fut renforcé aux XIIIe–XIVe siècles (construction du donjon par Gaston Fébus, comte de Foix-Béarn) et servit de prison royale puis d’État du XVIIe au XXe siècle. Son donjon carré à six niveaux, surmonté de mâchicoulis, et ses enceintes successives illustrent ces transformations militaires.
Au XIXe siècle, le château perdit son rôle défensif et fut transformé en caserne par le génie militaire, avec des travaux majeurs (1828–1856) inspirés des plans de Vauban. Déclassé en 1889, il devint en 1921 le siège du musée pyrénéen, grâce à l’initiative de Louis et Margalide Le Bondidier, qui y rassemblèrent des collections d’arts et traditions populaires. Aujourd’hui, le site abrite aussi la chapelle Notre-Dame-du-Château (mobilier de l’ancienne église Saint-Pierre) et un jardin botanique avec des maquettes des Pyrénées, tout en conservant des vestiges romains et médiévaux.
Classé Monument Historique en 1995, le château est propriété de la commune de Lourdes. Son architecture mêle des éléments des XIe, XIVe, XVe, XVIe, XVIIe et XIXe siècles, reflétant son évolution depuis une résidence comtale jusqu’à un symbole culturel pyrénéen. Les matériaux de réemploi, comme dans la chapelle, et les appareils variés (moellons, briques, opus incertum) témoignent de ces strates historiques.
Les fouilles du XIXe siècle révélèrent des substructions antiques, mais leur destruction partielle limite aujourd’hui la visibilité de cette époque. Les collections du musée, enrichies par les Le Bondidier (maquettes, photothèque), et l’ascenseur moderne (1930) illustrent son adaptation contemporaine, tout en préservant son caractère médiéval. Le site reste un témoignage majeur de l’histoire militaire, politique et culturelle des Pyrénées.