Origine et histoire
Le château fort de Nesle est implanté à Nesle-et-Massoult, dans le département de la Côte-d’Or (région Bourgogne-Franche-Comté). Construit sur un éperon rocheux, il surplombe un virage de la route départementale 19 reliant Nesle à Massoult. Ce site stratégique, typique des fortifications médiévales, contrôlait un axe de circulation local dans le Châtillonnais.
Le château primitif remonte au XIIIe siècle, comme l’atteste son cartulaire conservé au musée Condé de Chantilly. Ce document, compilé entre 1217 et 1282 par Jean, premier seigneur de Nesle, recense 83 actes en latin et moyen français, ainsi qu’un censier. Relié ultérieurement par le duc d’Aumale pour sa préservation, ce cartulaire offre un témoignage rare sur la gestion seigneuriale médiévale. Une étude présentée en 2006 lors d’un colloque à Thouars a souligné son importance pour comprendre les pratiques archivistiques de l’époque.
Au XVe siècle, le fief passe entre les mains de figures bourguignonnes marquantes. En 1418, Jacques de Courtiamble obtient de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, l’extension de son domaine. Le château est ensuite hérité par Philippe Pot (1428–1493), grand sénéchal de Bourgogne et chevalier de la Toison d’or, via sa mère Marguerite de Courtiambles. En 1512, il échoit à Guillaume de Montmorency, illustrant les alliances nobiliaires de la Renaissance.
L’architecture évolue jusqu’au XVIIe siècle, combinant traits défensifs et résidentiels. En 1695, le château comprend deux tours carrées de quatre à cinq étages, une basse-cour et des murailles. Le donjon, partiellement visible, est relié au corps de logis par une courtine dotée d’un chemin de ronde. Des éléments comme des fenêtres à meneaux ou une tourelle d’escalier octogonale subsistent, témoignant de son adaptation aux besoins des époques successives.
La Révolution française marque un tournant : en 1794, le domaine dépend de l’hôpital de Chantilly, dont le prince de Condé est seigneur honoraire. Aujourd’hui, seul un corps de logis du XVIIe siècle reste habité, tandis que les vestiges (mur en grand appareil, angle de bâtiment, corbeau de cheminée) rappellent son passé de maison-forte. Aucune restauration majeure n’est mentionnée, laissant le site dans un état de conservation partielle.