Patrimoine classé
Les ruines du château Gaillard : classement par liste de 1862 - Les parcelles de terrain avoisinantes (cad. 33, 34, 41p) : classement par décret du 24 août 1926 - La parcelle de terrain avoisinante (cad. 41p) : classement par décret du 24 août 1926 - La parcelle G 43 sur laquelle s'élèvent ces ruines (cad. G 43) : classement par arrêté du 23 octobre 1926 - La parcelle de terrain et la bande de terrain d'une largeur de trente mètres prise sur les parcelles 45, 46, 47, 72, 74, 79 et contiguë du côté nord aux parcelles 43 et 44, la dite parcelle 44p et la dite bande de terrain avoisinant le château Gaillard (cad. G 44p, 45p, 46p, 47p, 72p, 74p, 79p, ) : classement par arrêté du 12 avril 1927 - La parcelle de terrain avoisinante (cad. 44p) : classement par décret du 12 avril 1927 - La parcelle de terrain avoisinante (cad. 44p) : classement par arrêté du 21 janvier 1928
Personnages clés
| Richard Cœur de Lion - Duc de Normandie et roi d'Angleterre |
Commanditaire et constructeur du château (1196-1198). |
| Philippe Auguste - Roi de France |
Preneur du château en 1204, marquant la fin de la Normandie Plantagenêt. |
| Jean sans Terre - Frère de Richard Cœur de Lion |
Héritier du trône après la mort de Richard. |
| La Hire (Étienne de Vignolles) - Compagnon de Jeanne d'Arc |
Reprit le château en 1431 pour les Armagnacs. |
| Lambert Cadoc - Mercenaire de Philippe Auguste |
Joua un rôle clé dans la prise de 1204. |
| Henri IV - Roi de France |
Ordonna la démolition partielle du château en 1598. |
Origine et histoire du Château Gaillard
Château Gaillard, édifié à la fin du XIIe siècle par Richard Cœur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, est une forteresse emblématique de la rivalité entre les rois de France et d'Angleterre. Situé aux Andelys dans l'Eure, il verrouillait la vallée de la Seine, protégeant Rouen, alors capitale du duché de Normandie. Sa construction rapide (moins de deux ans) et son coût exorbitant (46 000 livres) reflètent son importance stratégique dans la défense contre Philippe Auguste.
Le château est bâti sur un éperon rocheux dominant la Seine de 90 mètres, intégrant un système défensif complexe : un bourg fortifié (la Couture), un pont sur la Seine, une île fortifiée, et une estacade bloquant la navigation. Malgré son apparence inexpugnable, il tombe en 1204 après un siège de six mois, marquant la fin de la Normandie Plantagenêt et le début de son intégration au domaine royal français. Sa chute, due à des failles architecturales et à la famine, devient un symbole de la perte normande.
Après 1204, Château Gaillard change plusieurs fois de mains au gré des conflits, notamment pendant la guerre de Cent Ans. Il est pris par les Anglais en 1419, repris par La Hire en 1431, puis définitivement récupéré par Charles VII en 1449. Au XVIe siècle, Henri IV ordonne sa démolition partielle pour éviter qu'il ne serve de repaire à des factions rebelles. Les pierres sont réutilisées pour des couvents locaux, et les ruines, classées monument historique en 1862, deviennent un site romantique.
Le château est aussi lié à des épisodes sombres, comme l'emprisonnement des belles-filles de Philippe IV le Bel (Marguerite et Blanche de Bourgogne) en 1314, ou la détention de Charles le Mauvais en 1356. Son architecture, mêlant influences orientales (croisées) et innovations médiévales (mâchicoulis, tours circulaires), en fait un modèle étudié. Aujourd’hui, ses vestiges, dominés par un donjon et des remparts en ruine, attirent les visiteurs pour leur histoire et leur panorama sur la Seine.
Classé dès 1862, Château Gaillard a fait l’objet de fouilles et de relevés architecturaux (notamment par Gabriel Malençon et Léon Coutil) qui ont permis de reconstituer son plan. Malgré des incertitudes sur certains détails, il reste un témoignage majeur de l’art militaire médiéval et des luttes féodales. En 2017, il a accueilli un concours international de peinture, soulignant son attrait culturel contemporain.