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Château à Hartmannswiller dans le Haut-Rhin

Château

  • 8 Rue de l'Église
  • 68500 Hartmannswiller
Château
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Crédit photo : Hartmans68 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
8 Rue de l'Église 68500 Hartmannswiller

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1288
Premières mentions familiales
1308
Cession à l'Église de Bâle
1450–1476
Période Waldner de Freundstein
1562
Date gravée sur la tourelle
1618–1648
Dégâts de la guerre de Trente Ans
1718
Restauration avec matériaux du Weckenthal
1855
Rachat par Constant Zeller
1988
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures, à l'exception des ajouts sur les façades nord et est ; vestibule, cave, petit escalier en vis, assise du pressoir dans le garage, ancienne chapelle présumée voûtée d'arêtes, tourelle avec l'escalier en vis principal, plafond à caissons dans la pièce à l'angle sud-ouest du second étage (cad. 1 34) : inscription par arrêté du 9 mai 1988

Personnages clés

Dietrich de Haus - Propriétaire en 1308 Cède le château à l’Église de Bâle.
Hermann V de Waldner - Seigneur féodal (XVe siècle) Investi par l’évêque de Bâle en 1450.
Chrétien Charles-Philippe de Waldner - Restaurateur (début XVIIIe) Rebâtit le château avec des pierres du Weckenthal.
Constant Zeller - Industriel et propriétaire (XIXe) Innovateur en céramique, hôte d’intellectuels.
Jordanus de Arthemanswihr - Membre de la famille noble Cité dans un acte de 1288.
Jean-Guillaume de Waldner - Héritier au XVIIe siècle Frère aîné de Hermann VI, reprend le château.

Origine et histoire

Le château de Hartmannswiller, situé dans le Haut-Rhin en Alsace, trouve ses origines au moins dès le XIIe siècle, bien que ses débuts restent mal connus. Citée dès 1308 comme propriété de Dietrich de Haus, la forteresse est cédée cette même année à l’Église de Bâle pour 100 marks d’argent. L’évêque en investit alors le détenteur avec ses fossés et son verger attitré. Ce château, probablement siège d’une famille noble locale comme en témoignent les actes mentionnant Jordanus de Arthemanswihr (1288) ou Pierre de Hartmannswiller (1322), devient un fief stratégique de l’évêché de Bâle.

Au XVe siècle, le château passe entre les mains de la famille Waldner de Freundstein, qui le détient en fief épiscopal. Hermann V de Waldner en est investi en 1450, puis le cède en 1453 à Jean Henri Mewart à titre viager. Après la mort de ce dernier, l’évêque réinvestit Hermann XI de Waldner et ses héritiers en 1476. Le monument subit des destructions pendant la guerre de Trente Ans, avant d’être restauré au XVIIe siècle par Philippe Jacques Ier de Waldner, puis par son petit-fils Chrétien Charles-Philippe en 1718, qui réutilise des matériaux du château de Weckenthal, détruit, avec l’autorisation de l’évêque de Bâle. La famille Waldner conserve le château jusqu’à la Révolution française.

Au XIXe siècle, le château change de mains : racheté par l’horticulteur Joseph Baumann en 1850, il est revendu en 1855 à Constant Zeller, industriel prospère grâce à ses innovations dans la fabrication de tuyaux en argile. Zeller, membre de l’Académie nationale de Paris et primé à l’Exposition universelle de 1867, transforme le château en un lieu de rencontres intellectuelles, un tusculum alsacien. Le monument, épargné pendant les deux guerres mondiales malgré la proximité du front du Vieil-Armand en 1914-1918, est inscrit aux Monuments Historiques en 1988. Son architecture reflète aujourd’hui une superposition de styles, du médiéval (tour circulaire datée de 1562, arbalétrières du XIIIe siècle) au classique (fenêtres repercées aux XVIIIe et XIXe siècles).

Le château se compose d’un grand logis en équerre, partiellement datable du XIVe siècle, avec des éléments défensifs caractéristiques : chemin de ronde, canonnières du XVIe siècle, et un escalier en colimaçon intégré dans un mur de 3 mètres d’épaisseur. La cave voûtée en berceau, surélevée pour éviter les inondations, et une salle voûtée d’arêtes (peut-être une ancienne chapelle ou un chartrier) témoignent de son usage à la fois résidentiel et stratégique. Les bossages, pierres à saillie symbolisant la noblesse, ornent les angles du bâtiment, tandis que des marques lapidaires médiévales rappellent le travail des tailleurs de pierre. À proximité, le cimetière fortifié de Hartmannswiller, avec ses tours de flanquement du XVe siècle, complète ce patrimoine défensif unique en Alsace.

L’histoire du château est aussi liée à la communauté juive locale. Après leur expulsion de la seigneurie épiscopale au XIVe siècle, les Juifs de Hartmannswiller furent autorisés à résider uniquement dans l’enceinte du château, sous condition de redevance, jusqu’à leur émancipation à la Révolution. En 1808, la communauté comptait 68 membres. Pendant la Première Guerre mondiale, le village, évacué en 1940 en raison des combats du Hartmannswillerkopf, voit le château servir de refuge aux habitants. Trois arbres remarquables, plantés vers 1810 par les pépinières Baumann (cyprès chauves, hêtre pourpre, marronnier), ajoutent une dimension paysagère à ce site chargé d’histoire.

Liens externes

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