Château

  • 70160 Saint-Rémy-en-Comté
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Crédit photo : Ginette Mathis - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1437
Destruction du château médiéval
1533
Érection en baronnie
1707
Déplacement de la chapelle
1733
Mort de Nicolas-Joseph de Vaudrey
1760
Construction du château actuel
1775
Décès d'Eugène-Octave de Rosen
1794
Arrestation du général de Broglie
1823
Installation des Frères marianistes
1903
Expulsion des congrégations
1928
Restauration par Alfred Aeby
1937
Acquisition par Justin Perchot
1961
Classement aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château (à l'exception des parties classées) : inscription par arrêté du 20 juillet 1931 ; Les façades et toitures ; le vestibule central ; les deux escaliers tournants avec leurs rampes en fer forgé ; le parc (cad. B 255 à 258, 266, 916) : classement par arrêté du 10 novembre 1961

Personnages clés

Philippe d'Achey Seigneur du château au milieu du XIIe siècle.
André de Ville Membre de la famille de Ville ayant fait ériger la terre en baronnie en 1533.
Jeanne-Octavie de Vaudrey Comtesse ayant fait construire le château actuel dans les années 1760.
Anne-Armand de Rosen Époux de Jeanne-Octavie de Vaudrey.
Eugène-Octave de Rosen Fils de Jeanne-Octavie de Vaudrey et Anne-Armand de Rosen, décédé en 1775.
Victor de Broglie Général arrêté au château et guillotiné en 1794.
Alfred Aeby Paysan suisse ayant acheté et restauré le domaine en 1928.
Justin Perchot Ancien député-sénateur ayant acquis le château en 1937 pour y établir un hôpital psychiatrique.

Origine et histoire

Le château de Saint-Rémy-en-Comté est un édifice de style classique du XVIIIe siècle situé à Saint-Rémy-en-Comté, en Haute-Saône. La seigneurie appartenait au milieu du XIIe siècle à Philippe d'Achey, puis aux Faucogney; au XVe siècle elle passa à la famille de Ville et André de Ville fit ériger la terre en baronnie en 1533. En 1579 la seigneurie revint à la famille de Luz puis entra, quelques années plus tard, dans le patrimoine des Salives-Villersvaudey par le mariage d'Antoine de Salives et de Marguerite de Luz. Vers 1637 la fille de ces derniers épousa Claude-Antoine de Vaudrey. Le 24 juillet 1731 Jeanne-Octavie de Vaudrey, deuxième fille héritière de Nicolas-Joseph (mort en 1733), épousa Anne-Armand de Rosen; ils eurent un fils, Eugène-Octave, décédé en 1775. L'ancien château médiéval fut brûlé en 1437, reconstruit puis dévasté par les troupes de Louis XI et assiégé pendant la guerre dite de Dix-Ans. Faute de documentation, son architecture reste mal connue, hormis des mentions vagues d'une tour et d'une chapelle déplacée en 1707. À la mort de Nicolas-Joseph de Vaudrey en 1733, le château abritait une très riche bibliothèque contenant des ouvrages imprimés et manuscrits d'histoire, de sciences, d'architecture et de fortification. L'ancien édifice se dressait à une centaine de mètres au nord-est du château actuel, dominant le village et la Superbe; un plan de 1770 indique cet emplacement et signale que le démantèlement était en cours. Le même document représente les anciennes écuries, situées plus à l'est de l'autre côté du chemin d'accès, qui furent transformées en orangerie; au XIXe siècle, sur le site de l'ancien château, on aménagea un belvédère appelé "le point de vue". Sous le règne de Louis XV, dans les années 1760, la comtesse Jeanne-Octavie de Vaudrey fit construire le château actuel avec son domaine, son parc et un jardin à la française, en réutilisant en partie les matériaux des ruines de l'ancien château qu'elle fit démanteler. L'ensemble est élevé sur un promontoire de 50 mètres dominant la plaine et offrant de longues perspectives au nord et au sud; il se situe à huit kilomètres au nord de l'abbaye Notre-Dame de Faverney. Les livres de comptes et les inventaires de la famille de Vaudrey témoignent du faste du château au XVIIIe siècle, notamment pour le mobilier, les tableaux et la bibliothèque. Le général Victor de Broglie fut arrêté au château et guillotiné à Paris en 1794; sa veuve se remaria et quitta le domaine, qui tomba ensuite en déclin. Jeanne-Octavie de Vaudrey et des membres de la famille von Rosen reposent dans la crypte de l'église de Saint-Rémy. En 1823 une communauté de Frères marianistes s'installa et adapta l'intérieur pour y créer des établissements d'enseignement — école primaire, collège avec pensionnat, une école normale (1824-1833) et, dans les bâtiments annexes, une ferme-école d'agriculture en 1851; les frères durent se réfugier en Suisse après l'expulsion des congrégations en 1903, et le château subit des actes de vandalisme. Durant la Première Guerre mondiale il fut réquisitionné comme hôpital militaire et servit encore pendant la pandémie de 1918, puis fut à nouveau laissé à l'abandon. En 1928 Alfred Aeby, paysan suisse installé à Saint-Rémy, acheta le domaine, le restaura et refusa une offre d'achat visant à le déplacer aux États-Unis. En 1937 l'ancien député-sénateur Justin Perchot acquit le château pour y établir un hôpital psychiatrique, fonction qu'il conserve depuis; cet établissement a été tenu jusqu'en 2016 par les Sœurs hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus. Le château abrite également le siège social de l'Association Hospitalière de Bourgogne-Franche-Comté, actuelle propriétaire. Le château, ses façades, ses toitures, le vestibule central, les escaliers tournants en fer forgé et le parc ont été classés au titre des monuments historiques en 1961; le reste du château est inscrit depuis 1931.

Liens externes