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Château Hervé ou Bourcart à Dachstein dans le Bas-Rhin

Château Hervé ou Bourcart

    31 Rue Principale
    67120 Dachstein
Propriété privée
Crédit photo : © Ralph Hammann - Wikimedia Commons - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1718
Cession épiscopale
1747
Création de la magnanerie
1750
Achèvement du bâtiment
1752
Vente à Regemorte
1803
Division du domaine
1986
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Portail d'entrée du château, façades et toitures du château et des dépendances, portail d'entrée du parc et l'ensemble formé par le pont et les deux pavillons dans le parc (cad. 2 13, 20) : inscription par arrêté du 1er octobre 1986

Personnages clés

Cardinal de Rohan-Soubise - Évêque de Strasbourg Cède Dachstein en 1718 au bailli Herrenberger.
F. A. Herrenberger - Bailli Restaure le vieux château au lieu d’en construire un nouveau.
Intendant de Vanolles - Administrateur royal Crée la magnanerie en 1747.
Joseph Massol - Architecte Auteur présumé des plans vers 1750.
Natalis de Regemorte - Ancien directeur des fortifications Propriétaire en 1752 après achat du domaine.
Famille Hervé/Bourcart - Propriétaires depuis 1838 Détentrices actuelles du château.

Origine et histoire

Le château Hervé, également connu sous le nom de château Bourcart ou « La Magnanerie », est un monument historique situé à Dachstein, dans le Bas-Rhin. Ce bâtiment, de type hôtel entre cour et jardin, fut initialement conçu comme une résidence épiscopale avant de devenir, en 1747, une école royale pour la fabrication des vers à soie. Son architecture, marquée par des façades en grès, des avant-corps latéraux et un parc avec pavillons symétriques, reflète son statut d’institution prestigieuse sous l’Ancien Régime. L’inscription « ECOLE ROYALE/DE LA FABRIQUATION DES VERS A SOYE/AN.MDCCL » sur la façade côté jardin atteste de sa vocation première, achevée vers 1750 sous la direction probable de l’architecte Joseph Massol, attitré de l’évêché.

L’histoire du château est liée à plusieurs figures influentes. En 1718, le cardinal de Rohan-Soubise cède Dachstein et l’ancien château épiscopal au bailli F. A. Herrenberger, à condition qu’il construise une nouvelle résidence pour l’évêque — une promesse partiellement tenue par la restauration du vieux château. En 1742, l’intendant d’Alsace, M. de Brou, y établit une pépinière royale, avant que son successeur, l’intendant de Vanolles, n’y annexe la magnanerie en 1747. Le domaine change ensuite de mains : vendu en 1752 à Natalis de Regemorte, puis acquis successivement par le général Le Perruquet de Montrichard (début XIXe), le chevalier Massias (vers 1825), et enfin la famille Hervé (1838), dont les descendants, les Bourcart, en sont toujours propriétaires.

L’ensemble architectural comprend un logis principal, des ailes de communs, des dépendances (cuisine, écuries, bûcher), et un parc ceint de murs percés de portes cochères. Le sous-sol voûté en berceau, le couloir central abritant un escalier en bois du XIXe siècle, et les deux pavillons du jardin témoignent de son organisation d’origine. Classé monument historique en 1986, le château protège notamment ses façades, toitures, portails, et le pont enjambant l’ancien fossé de la ville. Son histoire illustre les liens entre pouvoir épiscopal, initiatives royales et patrimoine industriel alsacien.

Avant sa vocation éducative, le site fut une résidence épiscopale, symbole de l’influence des évêques de Strasbourg en Alsace. La création de la magnanerie s’inscrit dans une politique royale de développement économique, visant à implanter en France des techniques d’élevage du ver à soie, alors florissantes en Italie. L’architecture, mêlant élégance classique et fonctionnalité, servait à la fois de vitrine pour cette industrie naissante et de lieu de formation. Après la Révolution, la division du domaine en 1803 et ses changements de propriétaires reflètent les bouleversements fonciers et sociaux de l’époque.

Aujourd’hui, le château Hervé-Bourcart reste un témoignage rare de l’alliance entre patrimoine aristocratique et histoire industrielle. Son inscription aux monuments historiques souligne la valeur de son architecture (grès, toits à croupes, balcons) et de son aménagement paysager (jardin-parc, pavillons). Bien que certaines parties, comme l’escalier du XVIIIe siècle de la conciergerie, aient été préservées, d’autres éléments, comme le garde-corps de l’escalier principal, datent du milieu du XIXe siècle, illustrant les adaptations successives du bâtiment.

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