Origine et histoire du Château Lavoute-Polignac
Le château de Lavoûte-Polignac, situé à Lavoûte-sur-Loire en Haute-Loire, fut la résidence favorite de la très ancienne famille de Polignac, dont la généalogie peut être suivie par filiations probables jusqu'à la fin du IXe siècle. Sa présence dans les sources remonte à des documents d'abbaye cités par Pierre Juénin en 1733, qui évoquent une charte de 1059 et des actes de remise et d'hommage concernant le prieuré et le château au XIIIe siècle, notamment entre 1251 et 1253 ; Armand de Polignac restitua ensuite le château à son neveu, le vicomte Armand V, à sa mort en 1257. À l'origine, le site comprenait quatre tours d'angle, trois ailes, une double ligne de remparts et un donjon intérieur au centre de la cour, qui aurait pu servir de clocher. Selon l'historien G. Chabron, les grosses tours et les fortifications datent du XIVe siècle sous le vicomte Randon Armand X, tandis que le grand corps de logis est attribué à François Armand XVI dit « le grand Justicier ». Des documents et représentations anciennes, dont une gravure de 1788 et des plans cadastraux, laissent supposer l'existence d'un donjon en bout d'aile et d'une enceinte extérieure aujourd'hui disparue. Le domaine a été remanié au XVIIe siècle par Gaspard-Armand XVIII dans l'esprit de son temps. Après l'émigration des Polignac, le château fut vendu comme bien national en 1793, exploité ensuite comme carrière de pierres et partiellement ruiné, puis acquis par la famille Giron ; au XIXe siècle la famille de Polignac racheta le domaine et Melchior de Polignac fit restaurer l'aile sud, qui constitue aujourd'hui le seul corps de logis encore debout. Les vestiges anciens se réduisent à quelques pans de murs, une porte mêlant éléments du XIVe et du XVIIe siècle, quelques fenêtres et la chapelle voûtée d'ogives ; le bâtiment central à deux étages a subi d'importantes restaurations. Le château a été construit en pierres locales, dont une pierre volcanique grise et une ocre typique de l'Emblavez. L'interprétation de la silhouette du toit a été discutée : certains y voient un toit très pentu rappelant des modèles bourguignons en raison de liens supposés avec l'évêque Jean de Bourbon, tandis que d'autres soulignent que les toits sont « à la française », avec hauts combles et tuiles plates, conformément aux modes de l'époque et aux tendances de la cour de France. Sur la façade de l'aile sud subsistante, une pierre armoriée porte la date de 1634 ; cependant, les claveaux à bossage et la composition de l'archivolte suggèrent des formes proches de la fin du XVIe siècle. Les façades et toitures ont fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 16 février 1967, remplacé par un nouvel arrêté du 13 janvier 2022 qui inscrit désormais l'ensemble du château, son mur, ses tours d'enceinte et son terrain d'assiette. Parmi les personnalités liées au château figurent la duchesse de Polignac (Gabrielle de Polastron), le prince Jules de Polignac, le cardinal Melchior de Polignac, Hélène de Bauffremont, le comte Melchior de Polignac, le comte Pierre de Polignac et le duc Armand-Charles de Polignac.