Frise chronologique
1770-1785
Construction du château
Construction du château
1770-1785 (≈ 1778)
Édifié sur plans dessinés à Versailles.
1793-1795
Quartier général vendéen
Quartier général vendéen
1793-1795 (≈ 1794)
Siège de Stofflet et état-major.
1796
Exécution de Charette
Exécution de Charette
1796 (≈ 1796)
Chef vendéen fusillé à Nantes.
1969
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1969 (≈ 1969)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et des communs (cad. B 155) : inscription par arrêté du 25 avril 1969
Personnages clés
| Jean-Nicolas Stofflet - Major-général vendéen |
Dirigea le château de 1793 à 1795. |
| Abbé Bernier - Évêque de Saint-Laud |
Conseiller controversé de Stofflet. |
| François-Athanase Charette - Chef vendéen |
Refusa soumission, exécuté en 1796. |
Origine et histoire
Le château Le Lavouër, situé à Neuvy-en-Mauges (Maine-et-Loire), fut construit entre 1770 et 1785 selon des plans dessinés à Versailles. Il remplace une ancienne forteresse située à une centaine de mètres. Le domaine, de style XVIIIe siècle, inclut un parc à l’anglaise de 40 hectares, des bois et des pièces d’eau. Ses communs et son architecture reflètent l’élégance de l’époque, bien que son histoire soit surtout liée aux troubles révolutionnaires.
Pendant la guerre de Vendée (1793-1796), le château devint le quartier général des armées vendéennes sous la direction du major-général Jean-Nicolas Stofflet, un ancien garde-chasse alsacien. Ce dernier y installa ses bureaux et y résida jusqu’en 1795, avant de déménager à la Mourosière. Le château fut alors transformé en palais épiscopal par Bernier, évêque de Saint-Laud, qui y dirigeait Stofflet et 42 prêtres de sa paroisse. Leur état-major coordonna les opérations militaires de la région de Chemillé et tenta, sans succès, de négocier avec François-Athanase Charette, chef vendéen exécuté en 1796.
Le château abritait également une imprimerie clandestine produisant des placards pour les résistants vendéens. À la fin de la guerre, celle-ci aurait été cachée dans un puits, avec une légende persistante sur un trésor en argent jamais retrouvé. Les caractères en plomb, découverts pendant deux siècles dans un puits de la ferme, confirment cette histoire. Le monument, classé en 1969, conserve ainsi des traces tangibles de son passé révolutionnaire.
La figure de Stofflet reste controversée : décrit comme dur et brutal mais efficace, il fut influencé par de mauvais conseillers, dont l’abbé Bernier, accusé d’ambitions personnelles et peut-être impliqué dans sa chute. Bernier, personnalité clé des guerres de Vendée, aurait joué un rôle dans l’exécution de Marigny et, indirectement, dans celle de Stofflet lui-même via un message ambigu. Ces tensions internes affaiblirent le mouvement vendéen.
Aujourd’hui, le château Le Lavouër, avec ses façades et toitures protégées, témoigne à la fois de l’architecture du XVIIIe siècle et des bouleversements révolutionnaires en Anjou. Son parc et ses communs, bien que moins documentés, complètent un ensemble patrimonial lié à une période charnière de l’histoire française.