Frise chronologique
1232
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1232 (≈ 1232)
Don de Raymond de Lard aux Cisterciennes de Leyme.
1600
Retour des religieuses
Retour des religieuses
1600 (≈ 1600)
Récupération du domaine après la guerre de Cent Ans.
1745
Démolition de la chapelle
Démolition de la chapelle
1745 (≈ 1745)
Construction d’un chai à la place.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Acquisition par François Agar, maire de Mercuès.
1823
Rachat par le comte de Mosbourg
Rachat par le comte de Mosbourg
1823 (≈ 1823)
Reconstruction inspirée de l’Italie.
5 septembre 1989
Classement partiel MH
Classement partiel MH
5 septembre 1989 (≈ 1989)
Protection des caves et de l’escalier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Caves voûtées (lot n° 2) ; escalier extérieur à double volée (lot n° 3) (cad. C 698) : inscription par arrêté du 5 septembre 1989
Personnages clés
| Raymond de Lard - Seigneur de Rassiels |
Donateur des terres en 1232. |
| Guillemette - Abbesse de Leyme |
Fondatrice du prieuré cistercien. |
| François Agar - Maire de Mercuès et négociant |
Acheteur en 1791, reconstructeur partiel. |
| Jean-Michel Agar, comte de Mosbourg - Ancien ministre de Murat |
Transforma le château au XIXe siècle. |
| Docteur Pierre Marre - Propriétaire (1963–1993) |
Relança vignoble et noyers en 1970. |
Origine et histoire
Le château les Bouysses, situé à Mercuès dans le Lot, trouve ses origines au XIIIe siècle lorsque Raymond de Lard, seigneur de Rassiels, offrit en 1232 ses terres « les Bouysses » à Guillemette, abbesse de Leyme, pour y fonder un prieuré cistercien. Une douzaine de religieuses s’y installèrent, mais furent expulsées pendant la guerre de Cent Ans avant de récupérer le domaine en 1600. Elles y développèrent un vignoble produisant du cahors et autorisèrent en 1745 la démolition de leur chapelle pour construire un chai.
Devenu bien national sous la Révolution, le domaine fut cédé en 1791 à François Agar, maire de Mercuès et négociant en vin, qui reconstruit le château sur les anciennes caves. Ruiné par un incendie à Paris, il le revendit en 1823 à son cousin, Jean-Michel Agar, comte de Mosbourg, ancien ministre des finances de Joachim Murat. Ce dernier, inspiré par ses voyages en Italie, fit ériger un escalier à double volée, un perron de style italien, une orangerie (1820) et des écuries, donnant au château son aspect actuel.
Au XIXe siècle, le domaine passa aux vicomtes de Rougé, héritiers du comte de Mosbourg, puis fut acquis en 1933 par la famille Marre. Le docteur Pierre Marre relança l’activité agricole dans les années 1970 avec 14 ha de noyers et 24 ha de vignes (Malbec, Merlot, Tannat), avant que sa mort en 1993 n’interrompe les projets de restauration. Ses enfants reprirent les travaux entre 1996 et 2004, préservant les matériaux d’origine et l’esprit du lieu.
L’architecture du château allie des caves voûtées du XIIIe siècle — vestiges du prieuré cistercien — à un logis d’inspiration italienne construit sur ces soubassements. Le corps principal, flanqué d’une aile en équerre, abrite un escalier monumental et des dépendances (écuries, orangerie). Les caves en plein cintre et des parements de brique médiévale subsistent, tandis que les façades crépies masquent partiellement les traces anciennes.
Le domaine viticole, planté en 1973, couvre aujourd’hui 24 hectares (19 ha d’Auxerrois, 3 ha de Tannat, 2 ha de Merlot). Classé partiellement aux monuments historiques depuis 1989 (caves et escalier), le château reste une propriété privée, témoin des transformations d’un prieuré en résidence seigneuriale puis en exploitation viticole.