Patrimoine classé
Les deux cheminées monumentales (cad. C 299 1ère feuille) : classement par arrêté du 1er mai 1923 ; L'autel votif romain situé dans le parc (cad. C 299 1ère feuillle) : classement par arrêté du 1er mai 1923 ; L'ensemble des façades et des toitures (cad. C 299 1ère feuille) : classement par arrêté du 1er octobre 1963 ; En totalité, à l'exception des bâtiments et parties déjà classés, le château de Lauzun comprenant l'aile Renaissance, le logis ouest, l'aile centrale dénommée « Dôme », les vestiges du donjon, les dépendances, les deux portails ainsi que son sol d'enceinte et son enceinte bastionnée avec le glacis occupant l'ancien fossé, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. AB 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 193) : inscription par arrêté du 23 mars 2017
Personnages clés
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| Bégon de Caumont |
Seigneur de Lauzun ayant rendu hommage à Alphonse de Poitiers en 1259. |
| Nompar de Caumont |
Seigneur de Lauzun mentionné en 1211. |
| Charles IX |
Roi de France ayant séjourné au château en 1565. |
| Catherine de Médicis |
Reine de France ayant séjourné au château en 1565. |
| Henri de Navarre |
Futur Henri IV, ayant séjourné au château en 1576. |
| Marguerite de Valois |
Reine de France ayant séjourné au château en 1581. |
| Gabriel-Nompar de Caumont |
Seigneur de Lauzun ayant fait édifier une nouvelle aile en 1576. |
| Armand-Louis de Gontaut-Biron |
Dernier duc de Lauzun, guillotiné en 1793. |
| Joseph Nicolas Becquey-Beaupré |
Acheteur du château en 1807. |
| Pierre Baron |
Propriétaire ayant restauré le château dans les années 1990. |
Origine et histoire
Le château de Lauzun, situé sur la commune de Lauzun (Lot-et-Garonne), s’organise autour d’un donjon existant dès la fin du XIIe ou le début du XIIIe siècle. En 1305, le seigneur obtient l’autorisation royale de fortifier l’édifice ; la vieille forteresse est transformée au XVe siècle et des remparts sont alors édifiés. Vers 1539 est construit, à côté du premier bâtiment, un château de style Renaissance qui sera relié au XVIIe siècle par un pavillon ; ce dernier, couvert d’une toiture en carène, est surnommé « le Dôme ». La porte principale, au centre de la façade, est encadrée de quatre colonnes en marbre à chapiteaux corinthiens supportant une corniche moulurée et un entablement ; elle est surmontée d’un fronton circulaire portant, dans un panneau carré flanqué de feuilles d’acanthe, les armes des Lauzun. Une seconde porte, à l’extrémité droite de la façade, est bordée de deux pilastres cannelés soutenant un petit entablement. Un autel votif romain du IIe siècle se trouve dans le parc.
Les chartes mentionnent la seigneurie de Lauzun en 1259, lorsque Bégon de Caumont et ses frères rendent hommage à Alphonse de Poitiers, et en 1211, qui atteste que leur père Nompar de Caumont était seigneur de Lauzun. La baronnie apparaît au XIVe siècle ; elle est élevée en comté en 1570 puis en duché en 1692. Pendant les guerres de religion, la branche aînée des Caumont devient protestante tandis que la branche cadette reste catholique. Le château reçoit plusieurs souverains et personnages de cour : Charles IX et la reine Catherine de Médicis en 1565, Henri de Navarre en 1576, et Marguerite de Valois en mai 1581. Le duché passe aux Gontaut-Biron en 1723 ; Armand-Louis de Gontaut-Biron, dernier duc de Lauzun mentionné, est guillotiné en 1793. Le château est mis en vente après la Révolution : il est acheté en 1807 par Joseph Nicolas Becquey-Beaupré, puis revendu en 1837, et acquis en 1990 par M. et Mme Pierre Baron, qui l’ont restauré pendant quinze ans avant de le mettre en vente en 2014.
Le bourg s’est développé autour du château et, au XIIIe siècle, était entouré de remparts et d’un fossé dont deux tours sont encore conservées. Les fouilles menées dans les années 1990 ont précisé la chronologie des élévations : le donjon roman quadrangulaire, complété d’une salle peut-être chapelle, date de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle ; aux XIVe–XVe siècles est ajouté un vaste corps de logis. L’inventaire établi après la mort de François de Caumont en 1570 décrit une grande tour carrée, un corps du château avec plusieurs chambres et un grand château desservi par une vis. En 1576, Gabriel-Nompar de Caumont fait édifier une aile longue de près de 60 mètres au-dessus des fossés, entraînant la démolition de la salle du XIIIe siècle et le transfert de la chapelle Sainte-Catherine dans la nouvelle aile d’un étage, avec de grandes caves en dessous. Cette aile comprend une série de pièces d’apparat pourvues de cheminées monumentales et une porte monumentale encadrée de colonnes corinthiennes de marbre et de niches, surmontée d’un fronton ; la toiture est en forte pente avec une charpente en carène et des lucarnes.
Au XVIIe siècle, la partie résidentielle est prolongée par le doublement à l’ouest du vieux corps de logis, par l’adjonction d’un bâtiment divisé en salles voûtées en briques — appelé « grottes » dans une description de 1784 — et par l’allongement du corps de logis médiéval. Les fouilles de 1991-1992 ont révélé un double péristyle reliant les deux ailes, et une cour trapézoïdale pavée limitée par ces ailes et le péristyle ; au nord de la cour se situe le Dôme, bâtiment reliant l’aile Renaissance au bâtiment médiéval proche des cuisines, dont la charpente a été datée dendrochronologiquement entre 1677 et 1689. Aux XVIIIe siècle, le château est moins habité par ses ducs, la cour est remblayée et le péristyle partiellement détruit avant 1784 ; des escaliers sont alors ajoutés devant le Dôme et la chapelle Renaissance.
Le château a été classé au titre des monuments historiques pour deux cheminées monumentales et l’autel votif romain le 1er mai 1923, puis pour l’ensemble des façades et des toitures le 1er octobre 1963. Sont notamment protégés l’aile Renaissance, la portion de l’aile entre le Dôme et la chapelle avec les colonnes et vestiges du péristyle, la porte des appartements d’apparat de l’aile Renaissance et le Dôme du XVIIe siècle.