Origine et histoire
Le château de Brissac, situé à Brissac Loire Aubance près d'Angers, est un ancien château-fort du comté d'Anjou partiellement protégé au titre des monuments historiques. Construit au XIe siècle par Foulques Nerra, il fut cédé à Guillaume des Roches après la défaite des Anglais par Philippe Auguste. Acquis en 1435 et reconstruit en 1455 par Pierre de Brézé, il revint ensuite à son fils Jacques de Brézé. Jacques s'installa au château avec sa femme Charlotte de Valois et, le 1er juin 1477, il tua Charlotte et son amant Pierre de Lavergne ; la légende veut que Charlotte apparaisse sous la forme d'une dame blanche les nuits d'orage. La propriété fut achetée en 1502 par René de Cossé, qui l'introduisit dans la famille Cossé‑Brissac. Pendant les guerres de Religion, Charles de Cossé prit le parti de la Ligue et le château fut assiégé par Henri IV ; après son ralliement au roi en 1594, il retrouva la propriété gravement endommagée en 1606. Charles de Cossé obtint le titre de maréchal de France puis de duc de Brissac en 1611, et la forteresse, menacée de démolition, fut reconstruite sous la direction de l'architecte Jacques Corbineau pour devenir un édifice grandiose. Le duc de Brissac eut pour secrétaire Goddes de Varennes, marquis de la Perrière, et en 1620 le château accueillit une entrevue entre Louis XIII et Marie de Médicis, suivie de trois jours de festivités et d'entretiens privés. Les Cossé‑Brissac conservèrent le château jusqu'en 1792 ; pendant la Révolution il fut réquisitionné comme cantonnement pour les "Bleus" de Vendée, mis à sac et resta dans cet état jusqu'à la restauration entreprise en 1844. Restitué à la famille après la Révolution, il continua à leur appartenir et à recevoir leurs successeurs. En 1890, Jeanne‑Marie Say inaugura un théâtre à deux niveaux dans le château ; ce théâtre a été restauré vers 1983. En 1939-1940 le duc proposa le château pour abriter des œuvres d'art : il reçut notamment du mobilier de Versailles conservé sur place jusqu'en 1946, ainsi que des œuvres et collections venues de musées, d'ambassades et de soixante‑cinq collections privées, parmi lesquelles figurent celles d'André Lhote, Maurice Denis et Paul Valéry, ainsi que le trésor de la cathédrale d'Angers. Un rapport cité par Corinne Bouchoux relate qu'en août 1944 cinq soldats allemands firent irruption au château et tuèrent le gardien J.-B. Faucher. Le château et ses occupants sont évoqués dans les mémoires de Simon de Cossé, duc de Brissac, qui publia plusieurs ouvrages couvrant le XXe siècle. En 1960 le photographe Pierre Jahan réalisa des clichés pour la revue Plaisir de France, dont une image d'un cavalier cuirassé dans la salle d'armes liée à une anecdote sur un heaume resté coincé. En 1950 le préfet Jean Morin organisa une représentation théâtrale au château montée par René Rabault, première manifestation qui donna naissance au festival d'Anjou. Le château, réputé pour sa hauteur, compte jusqu'à sept niveaux et 204 pièces ; sa façade reflète des influences baroques du XVIIe siècle et deux tours de la face du levant sont des vestiges du XVe siècle. Ouvert au public, il accueille chaque année un marché de Noël, une chasse aux œufs de Pâques, le Festival Fashion Flower et des événements liés aux montgolfières, notamment les départs du Championnat de France. Parmi ses pièces figurent la chambre des chasses et la chambre Louis XIII. Le château est représenté au parc de miniatures Parc Mini‑Châteaux à Amboise et apparaît dans le jeu vidéo japonais Fate/stay night sous le nom de château Einzbern. Il a servi de décor pour des tournages : plusieurs séquences de l'émission Secrets d'Histoire ont été filmées pour des numéros consacrés à Madame du Barry (diffusé le 15 novembre 2016) et à Marie de Médicis (diffusé le 19 juillet 2018), et il a contribué aux reconstitutions de la saison 4 de la série documentaire La Guerre des trônes. Dans son parc se trouve le mausolée des ducs de Brissac. Des études, notices historiques et articles récents documentent l'histoire et l'architecture du château.