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Château médiéval de Pouancé en Maine-et-Loire

Maine-et-Loire

Château médiéval de Pouancé

    4 Rue du Grand Moulin
    49420 Pouancé

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1900
2000
1049–1060
Première mention écrite
XIIIe siècle
Construction du château actuel
1379
Siège par Jean IV de Bretagne
1432
Siège de cinq semaines
1488
Rassemblement de 12 000 hommes
7 juillet 1926
Classement monument historique
1981–1996
Fouilles et restaurations
2010
Proposition UNESCO
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Foulque Nerra - Comte d’Anjou Possible constructeur initial (théorie).
Hervé de Martigné - Seigneur de Pouancé (XIe s.) Vassal du comte de Rennes.
Geoffroy Ier de Pouancé - Seigneur rebelle Opposé à Henri II Plantagenêt.
Pierre II de Valois - Seigneur (XIVe s.) Construisit la Grosse Tour.
Jean II d’Alençon - Seigneur (XVe s.) Emprisonna l’évêque de Nantes.
Louis XI - Roi de France Séjourna en 1472 avec 5 000 hommes.
Louis Bessière - Mécène (XXe s.) Organisa les chantiers de restauration.

Origine et histoire

Le château médiéval de Pouancé, situé dans le département de Maine-et-Loire aux confins de l’Anjou et de la Bretagne, est une forteresse majeure des Marches de Bretagne. Construit entre le XIIe et XVe siècle sur un site occupé dès le XIe siècle, il fut un enjeu stratégique pendant la guerre de Cent Ans et les conflits franco-bretons. Son importance militaire est attestée par ses remaniements défensifs successifs, notamment au XVe siècle avec l’ajout de moineaux, d’une caponnière et d’une tour heptagonale adaptée à l’artillerie.

La première mention du château remonte à 1049–1060 dans le cartulaire de Carbay, alors sous contrôle des comtes d’Anjou. Passé aux mains des seigneurs de Martigné-Pouancé au XIIe siècle, il devient un centre politique couvrant Pouancé, La Guerche et Segré. Au XIIIe siècle, Guillaume III y construit une digue formant l’étang de Pouancé, renforçant ses défenses naturelles. Le château est assiégé à plusieurs reprises, notamment en 1379 par Jean IV de Bretagne, puis en 1432 par Jean V après l’emprisonnement de l’évêque Jean de Malestroit.

Au XVe siècle, Pouancé joue un rôle clé dans les tensions franco-bretonnes. Louis XI y séjourne en 1472 avec 5 000 hommes, et Louis de La Trémoille y rassemble 12 000 soldats en 1488 avant la campagne contre la Bretagne. La forteresse, modernisée avec des bastions et des tours à canon, symbolise cette militarisation des frontières. Après les guerres de Religion, où il est brièvement occupé par la Ligue catholique, le château perd son rôle militaire au XVIIe siècle.

Abandonné progressivement, le château est partiellement détruit par les habitants au XVIIIe siècle, qui démantèlent ses murailles et comblent ses fossés. Classé monument historique en 1926, il bénéficie de 40 ans de fouilles et restaurations (1981–1996), menées notamment par l’association CHAM et des bénévoles. Ces travaux révèlent des boulets, des structures défensives et des éléments architecturaux comme des ouvertures quadrilobées du XVe siècle.

Aujourd’hui, le château de Pouancé est ouvert au public et géré par l’Office de Tourisme de l’Anjou bleu. Bien que partiellement en ruine, il reste l’une des dernières villes closes angevines avec une enceinte urbaine conservée. En 2010, il est proposé pour une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des Marches de Bretagne, soulignant son importance historique et architecturale.

Le site, construit en schiste et granite, comprend une haute et une basse-cour séparées par des fossés, six tours cylindriques, et des aménagements défensifs comme la Grosse Tour (XIVe siècle) et la tour Heptagonale (XVe siècle). Parmi ses particularités figurent une glacière souterraine, un grand logis seigneurial, et des poternes fortifiées. Malgré des effondrements partiels (1915, 1936), il illustre l’évolution des techniques castrales du Moyen Âge à la Renaissance.

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