Château à Villers-Saint-Paul dans l'Oise

Château

  • 60870 Villers-Saint-Paul
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
Moyen Âge
Construction initiale
1770
Reconstruction du château
1794
Séquestre et destruction
1929
Classement historique
1970
Démolition du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château : inscription par arrêté du 16 mai 1929

Personnages clés

Louise de Villers-Saint-Paul Dernière héritière de la seigneurie de Villers-Saint-Paul.
Jean Bardeau Seigneur de Mortefontaine et trésorier général des Finances.
Jean du Four Acquéreur du fief en 1673.
Louis IV Henri de Bourbon-Condé Seigneur du domaine et principal ministre du roi Louis XV.
Antoine de Sartine Propriétaire ayant mené une campagne de reconstruction du château.
Marc-Antoine Randon de La Tour Propriétaire ayant fait rebâtir le château avant sa condamnation.
Étienne Maurice Gérard Général-comte ayant acquis le domaine en 1817.
Étienne Desmiers, comte d'Archiac Dernier héritier du général Gérard et maire de Villers-Saint-Paul.

Origine et histoire

Le château de Villers-Saint-Paul, aussi appelé château de Nogent-les-Vierges ou de Mortefontaine, était situé à Villers-Saint-Paul (Oise). Un château fort y avait été édifié au Moyen Âge au lieu-dit Mortefontaine par les seigneurs de Villers-Saint-Paul, dont la maison s’éteignit avec le décès de Louise de Villers-Saint-Paul vers 1650. Le domaine passa ensuite entre plusieurs propriétaires, parmi lesquels Jean Bardeau (décédé en 1632), seigneur de Mortefontaine et trésorier général des Finances, puis Jean du Four (décédé en 1701), acquéreur du fief en 1673. Une vente de 1703 partagea la seigneurie entre la duchesse de Verneuil et la maison de Condé ; Louis IV Henri de Bourbon-Condé devint seigneur en 1710 et fut désigné comme principal ministre du roi Louis XV en 1723. Son fils Louis V Joseph de Bourbon-Condé hérita en 1740 puis céda le domaine en 1741 à Étienne Hardy du Plessis, qui le revendit en 1772 à Antoine de Sartine (1729-1801). Le château fit l’objet d’une campagne de reconstruction dans les années 1770 ; Sartine vendit le domaine en 1776 à Ange-Joseph Aubert après les troubles liés à la guerre des farines de 1775. En 1787, Marc-Antoine Randon de La Tour acquit le domaine et fit entièrement rebâtir le château ; colonel de la Garde nationale de Creil en 1791, il vit ses biens séquestrés par décret en janvier 1794 et fut condamné à mort puis guillotiné le 27 juin 1794. Ses héritiers vendirent ensuite le château à Claude Godard d'Aucourt de Saint-Just. En juin 1817, le général-comte Étienne Maurice Gérard acquit le domaine et s’y établit au retour de son exil à Bruxelles ; après sa mort, le château resta dans sa descendance et revint, en dernier lieu, à Étienne Desmiers, comte d'Archiac, qui en hérita en 1869 et fut maire de Villers-Saint-Paul de 1876 à 1881. À sa mort en 1927, les héritiers cédèrent la propriété à Hector Beeche, un Chilien qui quitta la France dès la déclaration de guerre contre l’Allemagne en septembre 1939. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château fut brièvement occupé par l’armée allemande, puis affecté à l’École nationale professionnelle de garçons de Creil qui y aménagea des salles de classe et des logements ; l’entretien du parc fut progressivement délaissé. Le domaine fut morcelé après plusieurs mutations et mis en vente par la Caisse des dépôts et consignations ; le château, squatté dans les années 1960, se délabra rapidement. Inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 16 mai 1929, il a été rasé, le texte mentionnant 1970 comme date de démolition et indiquant aussi qu’en 1971 l’entreprise De Konink de Beauvais procéda à sa démolition. Aujourd’hui, la résidence pavillonnaire appelée « Domaine du château » rappelle l’emplacement du château de Mortefontaine, situé à l’endroit de l’actuelle allée des Tulipes.

Le domaine de Mortefontaine s’étendait sur 40 hectares au sud-ouest de Villers-Saint-Paul, délimité par la ligne de chemin de fer, les actuelles rues Mortefontaine et de la Moulinière et une limite s’étendant vers Nogent-sur-Oise. Le château, sobre et construit en pierres blanches, était dominé par un pavillon central ; son toit à la française comportait des lucarnes à frontons courbes et de très hautes cheminées, et les fenêtres rapprochées laissaient peu de surface aux parties pleines. L’esplanade était précédée d’une grille soignée aux barreaux en piques. Le parc, alimenté par les eaux de la Brèche qui irriguaient douves, canaux et un étang avec une petite île boisée, comptait quinze hectares plantés de grands arbres — chênes, charmes, hêtres, ormes, marronniers blancs et rouges, érables dont le sycomore — ainsi que des conifères comme des cèdres et des séquoïas. Une allée bordée de tilleuls reliait le parc à l’église de Nogent-sur-Oise et débouchait sur l’actuelle rue du Moustier.

Liens externes