Origine et histoire du Château Peychotte
Le château Peychotte, surnommé Maison carrée d'Arlac, est une folie néoclassique édifiée entre 1785 et 1789 sur la commune de Mérignac, en Gironde. Commandé par le banquier Samuel Charles Peixotto (d'origine portugaise, francisé en Peychotte), le bâtiment incarne l’architecture néo-palladienne prisée par la bourgeoisie bordelaise. Ses plans, attribués à l’architecte Jean-Baptiste Dufart, s’inspirent des modèles italiens, avec une façade sud ornée d’une colonnade corinthienne et un salon en rotonde surmonté d’une coupole peinte. Le domaine, initialement acquis par la famille Mendès en 1720, passe entre les mains de plusieurs propriétaires après la ruine de Peixotto en 1805.
Au XIXe siècle, le château connaît des usages variés : le professeur Élie Gintrac y expérimente l’élevage de vers à soie et l’étude des venins de serpents (1827), tandis que Madame Goudal y installe un hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale. Occupé par les Allemands de 1940 à 1944, le domaine est ensuite abandonné jusqu’à son rachat par la ville de Mérignac en 1990 pour un franc symbolique. Classé monument historique en 1983, il fait l’objet de restaurations majeures financées par la commune, la DRAC, et la région Aquitaine. Son parc paysager, autrefois intact, a été partiellement grignoté par l’urbanisation.
Le château Peychotte doit sa célébrité à son architecture audacieuse, mêlant austérité (façade nord) et grandeur (escalier monumental et colonnade sud). Son salon circulaire, desservi par un escalier caché, comprend une galerie destinée aux musiciens. La coupole, ornée de peintures allégoriques (attribuées à Antonio Gonzalez), célèbre l’agriculture, le commerce et la navigation. Abandonné dans les années 1960, le site est aujourd’hui destiné à devenir une Maison des arts, avec une ouverture prévue en 2027. Son influence architecturale s’étendrait jusqu’au château de Rastignac (Dordogne) et à la Maison-Blanche (Washington).
L’histoire du château reflète les bouleversements sociaux et économiques de son époque : spéculations immobilières au XVIIIe siècle, adaptations scientifiques au XIXe, et enjeux patrimoniaux contemporains. Son sauvetage par la municipalité illustre la volonté de préserver un patrimoine menacé, tout en lui offrant une nouvelle vocation culturelle. Les restaurations ont permis de sauver les éléments intérieurs (peintures, boiseries) et la structure néoclassique, malgré la dégradation du parc originel.